Alors que cette deuxième vague de COVID-19 force de nouveau la fermeture des salles de restaurants, nos critiques vous présentent les meilleures options de plats à emporter en ville. Aujourd’hui : Pullman.

Iris Gagnon-Paradis Iris Gagnon-Paradis
La Presse

Le projet

Établi depuis 2004 sur l’avenue du Parc, le Pullman n’est plus à présenter. L’institution a été la première à Montréal à proposer le concept, aujourd’hui fort répandu et populaire, du bar à vin. Projet de Catherine Bélanger et du designer Bruno Braën – comme la pizzeria Moleskine, quelques portes plus loin –, Le Pullman demeure encore aujourd’hui une valeur sûre pour les amateurs de bon jus, à déguster en grignotant de petites bouchées pour l’apéro ou pour un souper plus élaboré, si désiré. Depuis mai dernier, le bar à vin propose l’expérience Pullman chez soi, avec une sélection de kits à emporter, à accompagner de vin, bien évidemment.

À manger

L’offre à manger navigue essentiellement entre différents types d’ensemble pour l’apéro, appétissants, simples et conviviaux. Le régulier offre des classiques du genre : charcuteries, fromages, olives, cornichons, croûtons, avec quelques propositions plus travaillées comme des haricots verts avec huile de truffe et amandes. Pour ceux qui préfèrent y aller mollo côté carné, une option sans viande, avec tataki de thon, est au menu. On peut aussi opter pour la version de luxe, qui marie les deux premiers, avec quelques surprises. Pour le temps des Fêtes, deux nouveautés ont été ajoutées : le kit apéro des Fêtes et le repas des Fêtes, plus copieux, avec cailles entières, mini-tourtières, ragoût de boulettes, etc. Comme l’apéro est l’un des moments les plus doux de la journée, on s’est laissé tenter par le premier et sa panoplie de bouchées et de victuailles aux airs festifs. On y trouve de chic blinis avec caviar et crème sure, une légère mousse de foie de volaille, joliment relevée avec sa gelée d’argousier, d’aériennes gougères cheddar et bacon, de dodus arancini cacio e pepe avec aïoli à la truffe… Franchement, difficile de ne pas se mettre dans l’esprit des Fêtes avec un tel festin. Comme on est gourmands et que c’est (presque) Noël, on a aussi décidé d’ajouter les deux extras : le brie fondant avec oignons caramélisés, noix de Grenoble et canneberges, assez costaud, et un foie gras au torchon avec chutney de pêche, divin. Oui, on s’est régalés ! Léger point négatif : il manquait à tout cela un peu de fraîcheur et d’acidité pour venir équilibrer l’ensemble. Il y avait bien quelques légumes, mais apprêtés de façon assez roborative : des poivrons farcis au fromage, par ailleurs fort délicieux, et des feuilletés aux champignons, moins mémorables. Les crevettes cocktail ont divisé, mais, de notre côté, on a aimé le clin d’œil à ce classique des Fêtes sur les tables québécoises. Pour deux, avec les extras, c’était amplement, même un peu trop !

À boire

La carte des vins est sans contredit ce qui démarque le Pullman : elle contient de véritables trésors qui raviront les connaisseurs, avec plus de 400 références, dont une grande partie se retrouve affichée dans le cellier virtuel du restaurant, qui a la qualité d’offrir une description élaborée pour chacun des vins (quelques cidres et bières artisanales et locaux s’y glissent aussi). La carte est très « vivante » ; la sélection change souvent, car l’endroit reçoit en petites quantités des nouveautés, produits exclusifs et bouteilles rares qui s’envolent rapidement. Les plus chanceux réussiront à mettre la main sur une bouteille de Pinard & Filles, que l’institution reçoit souvent en primeur. On peut y dénicher par exemple des produits plus méconnus, comme un vin polonais nature par le vigneron Dom Bliskowice, ou se gâter avec le champagne 100 % pinot meunier de Timothée Stroebel. Si vous avez de la difficulté à vous y retrouver, vous pouvez compter sur l’expertise de l’équipe de sommeliers de l’endroit, même à distance, en appelant sur place pour obtenir de précieux conseils. À noter que quelques caisses mixtes (festive, prestige, nature) sont aussi proposées.

À savoir

Les kits sont ultra-faciles à préparer et ils ne doivent pas nécessairement être consommés la journée même, car les éléments qui les composent sont généralement emballés sous vide, dans des plats d’aluminium ou de petits contenants de plastique pour les sauces. On peut donc facilement les conserver quelques jours au frigo. Une fois prêt pour l’apéro, il suffit de mettre les plats qui demandent à être réchauffés au four, quelques minutes, selon les indications, puis de placer joliment les différentes composantes, à la mesure de son talent de styliste culinaire, sur une planche en bois. Rien de plus simple.

Le prix pour les kits débute à 38 $. Celui des Fêtes commence à 50 $. Pour profiter des kits apéro pour le jour de l’An (cueillette au Pullman les 30 et 31 décembre), il faut commander en ligne avant le 28 décembre. Les quantités sont limitées. Pullman prendra ensuite une pause en janvier, mais on nous glisse à l’oreille que l’endroit sera de retour en février avec un kit spécial pour la Saint-Valentin et plusieurs nouveautés au cellier.

3424, avenue du Parc, Montréal

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