Pendant toute la durée de cette deuxième vague, qui force la fermeture des salles de restaurant, nos critiques vous présentent les meilleures options à emporter en ville. Aujourd’hui : Trifecta.

Iris Gagnon-Paradis
Iris Gagnon-Paradis La Presse

Le projet

Depuis le début de cette pandémie, de nombreux restaurants ont décidé de se lancer dans l’aventure des plats à emporter en révisant leur offre, souvent pour la simplifier, multipliant les propositions de poulet frit ou rôti, de pizzas, de burgers et d’autres sandwiches. Mais le duo composé de Hubert Marsolais et du chef Claude Pelletier, connus pour leurs établissements Le Club Chasse et Pêche, Le Filet et Le Serpent, a décidé de prendre le chemin inverse : tenter de reproduire le plus fidèlement, à la maison, l’offre gastronomique de leurs restaurants.

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L’assiette de crevettes et bajoue de porc servies avec de belles grosses feuilles de bette à carde préalablement blanchies

Lancé à la fin de mai, le Trifecta — le nom est un clin d’œil aux courses de chevaux, lorsqu’on réussit à miser sur les trois premiers chevaux vainqueurs, dans l’ordre — met donc à son menu une sélection de plats tirés des cartes des trois réputés restaurants, ainsi que quelques plats du Il Miglio, un autre de leur projet spécialisé en pâtes fraîches. Le chef exécutif Claude Pelletier a travaillé de concert avec les chefs de ses établissements, soit Olivier Larocque (Club Chasse et Pêche), Yasu Okazaki (Le Filet) et Michele Mercuri (Le Serpent), afin de prendre des classiques de leurs tables et d’en faire des versions à emporter qui restent aussi raffinées et réussies que les originales.

Le résultat se rapproche du prêt-à-manger, avec des préparations portionnées — généralement pour deux — et emballées, qu’il suffit souvent d’assembler, de mélanger ou de réchauffer avant de servir.

À manger

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Le risotto au foie gras en préparation

Soyons franche : ce trio de restaurants fait partie de nos favoris dans la métropole et se retrouve souvent dans nos suggestions lorsqu’un ami nous interpelle à la recherche d’une excellente table.

C’est donc d’emblée que nous faisons confiance au talent de l’équipe de Trifecta. Nous y avions goûté lorsque le service a été lancé, le printemps dernier, et c’est avec ravissement que nous avions retrouvé le fameux tartare de thon rouge du Filet et le classique risotto au cochonnet braisé et lamelles de foie gras du Club Chasse et Pêche, quasi identiques à notre souvenir. Cette fois, après moult indécisions entre les huîtres au gratin de miso, le saumon mariné et l’osso buco braisé au Barolo, nous jetons notre dévolu sur deux entrées froides, qui ne demandent aucune préparation : une salade de pieuvre avec salsa verde, piperade, fregola et concombre, et un carpaccio de bœuf avec chou-fleur, radis, coing, ail noir et pois sauvages, deux plats imaginés par le chef du Serpent. Les deux entrées sont délicieuses et leurs divers éléments se marient bien. Par contre, on aurait aimé un côté relevé un peu plus affirmé pour les deux plats aux saveurs somme toute assez délicates.

En plat principal, nous faisons la fête à la très jolie assiette de crevettes et bajoue de porc servies avec de belles grosses feuilles de bette à carde préalablement blanchies — mais pas trop pour qu’elles conservent leur tenue —, de la courge servie rôtie, en cubes et en purée, le tout parsemé de cerises séchées légèrement acidulées, réhydratées dans le jus du plat. Ce plat « terre et mer », œuvre du chef du Club Chasse et Pêche, est excellent et les protéines sont cuites à point.

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Le plat de risotto au foie gras est des plus appétissants.

De son côté, fiston n’émet plus aucun son alors qu’il plonge sa fourchette dans la lasagne à la viande du Il Miglio, qu’il engloutit en quelques instants. Nul besoin d’être critique gastronomique pour comprendre que c’est une réussite ! Pour terminer le repas en beauté, la talentueuse pâtissière Masami Waki, qui s’occupe des cartes des desserts des trois établissements, crée de petits bijoux sucrés qui vous raviront. Les membres de notre petite famille ont chacun fait du coude pour avoir la plus grosse part du gâteau au yogourt crémeux, pistaches, bleuets et cassis — divin et moelleux — et du « caramel chocolat », décadent et tout en texture.

À boire

La carte des vins du Trifecta est assez courte, mais bien pensée : quelques blancs, rouges et des bulles. Les vins sont sélectionnés pour bien s’accorder aux plats et la carte met de l’avant des classiques qui ont fait leurs preuves. Par exemple : un Sancerre du Domaine Tabordet ou, encore, celui que nous dégustons avec notre repas, Le Masse, un chianti sans sulfites avec du caractère, mais assez léger, qui se laisse boire tout seul, un très bon signe pour nous qui préférons généralement les blancs ou les vins de macération. Notons les prix plus qu’à l’avenant, avec des bouteilles généralement de 30 $ à 50 $.

La présentation

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Le petit dessert au chocolat se laisse dévorer des yeux.

On sent que l’équipe du Trifecta a pensé longuement à la façon d’emballer, de transporter et d’apprêter les plats à la maison. Un livret explicatif est remis avec la commande, expliquant la marche à suivre pour tous les plats au menu. Généralement, les entrées froides se mangent directement dans leur plat de service, comme pour le carpaccio de bœuf, très joli dans son petit plateau de carton pour lequel il suffit d’enlever le couvercle. Le plat chaud terre et mer vient dans un emballage semblable, mais qui va au four. L’entrée de pieuvre vient dans un contenant rond en plastique.

Quelques plats demandent de légères interventions, tel le risotto, mais c’est minime : congeler le foie gras afin de pouvoir le râper en copeaux, le temps venu, sur le risotto, emballé sous vide, qu’on fait réchauffer sur la cuisinière quelques minutes et sur lequel on ajoute du parmesan qui vient dans un petit pot de plastique. Cuire des pâtes fraîches, réchauffer des préparations sous vide dans l’eau chaude, cuire au four… c’est à peu près tout ce que vous devrez faire. Quant aux desserts, ils sont tout simplement déposés dans de petites boîtes carrées en carton.

Infos supplémentaires

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On sent que l’équipe du Trifecta a pensé longuement à la façon d’emballer, de transporter et d’apprêter les plats à la maison.

Pour profiter d’un repas gastronomique signé Trifecta, rendez-vous sur leur site web pour commander et payer en ligne. En effectuant votre commande, vous devrez choisir votre heure de cueillette et on vous attendra avec votre commande déjà emballée dans une boîte de carton. La livraison, effectuée par Genie, une compagnie locale, est offerte à l’intérieur du périmètre compris entre L’Île-des-Sœurs, l’autoroute Métropolitaine, la 25 et le boulevard Décarie et elle est gratuite à l’achat de 175 $ et plus, avant taxes.

Les cueillettes se font au restaurant Le Filet, situé sur l’avenue du Mont-Royal Ouest, les vendredis et les samedis entre 15 h et 18 h — commandez la veille, avant midi, au plus tard. À noter que l’équipe du Trifecta offre également à ses clients corporatifs la possibilité de commander des boîtes cadeaux pour les partys de Noël qui se dérouleront à distance cette année, sous la forme d’un repas pour deux avec bouteille de vin. Contactez directement l’entreprise pour davantage de détails.

219, avenue du Mont-Royal Ouest, Montréal

514 360-6060

> Consultez le site du restaurant