Un restaurateur de Drummondville compte ouvrir une terrasse dans le stationnement de son établissement, ce jeudi, malgré le décret gouvernemental qui l’interdit.

Daphné Cameron Daphné Cameron
La Presse

Propriétaire du restaurant le Vieux Saint-Charles, Laurent L. Proulx a déclaré lundi à TVA et au journal L’Express qu’il n’attendrait pas la « permission » du DHoracio Arruda ou de la Direction de la Santé publique (DSP) pour rouvrir sa terrasse. Il a un peu nuancé ses propos quelques heures plus tard en entrevue avec La Presse.

« J’ouvre jeudi avec bon espoir que la DSP va nous avoir autorisé », a indiqué M. Proulx.

Ce dernier a déploré qu’il ait fallu ce « stunt » médiatique pour recevoir un simple retour d’appel de sa DSP, à qui il a tenté de parler en téléphonant au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de sa région, puis en passant par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). « Une vraie maison des fous », résume-t-il.

« Est-ce que la DSP, de par son ouverture, a un petit peu calmé mon ardeur ? Oui. Quand on n’est devant rien, qu’on n’a aucune nouvelle, aucun retour d’appel, à un moment donné on se dit qu’on n’a rien à perdre. On a eu des discussions et je suis pas mal optimiste que ça va être autorisé. Tant mieux si ça devient précurseur pour un paquet de solutions comme celles-là à travers la province », dit-il au sujet de son retour d’appel.

« Je connais beaucoup de restaurateurs qui, comme moi, sont rendus à l’étape de prendre action et de s’excuser après plutôt que d’attendre de permission », a-t-il ajouté.

Ce dernier ne compte pas ouvrir sa terrasse à proprement parler, car elle est recouverte d’un auvent. Il vise plutôt à installer une douzaine de tables dans le stationnement de son établissement, à au moins deux mètres de distance. Il dit avoir pris la décision dimanche après avoir vu les images de la manifestation antiraciste qui s’est déroulée dans les rues de Montréal dans la foulée de la mort de George Floyd.

« Les entreprises sont en train de mourir de faim, les commerces vivotent et eux autres, à Montréal, ce n’est pas grave s’ils sont 10 000 dans les rues, let’s go ! Je comprends que la cause est juste, mais soyons francs, le coronavirus quand il infecte du monde, il ne fait pas la distinction à savoir si la cause est juste ou pas. »

Ce dernier cite aussi le fait qu’à trois kilomètres de son restaurant, au centre-ville de Drummondville, des tables à pique-nique ont été installées pour permettre aux citoyens de manger leurs commandes pour emporter. Il trouve injuste le fait que ces commerçants sont ainsi privilégiés par rapport aux autres.

« La DSP nous a rappelé cet après-midi. Je vois mal comment ils ne vont pas autoriser ça dans la mesure où ils l’autorisent pour la ville. »

Aux communications du CIUSSS de la Mauricie-Centre-du-Québec, on n’a pas retrouvé de traces de cet appel. « Pour la question des terrasses, il faut les référer au décret qui dit que les terrasses ne sont pas permises », a indiqué Kellie Forand, agente d’information au CIUSSS.