Il y a des gens pour qui le temps des Fêtes n’est pas le temps des Fêtes sans une visite au centre-ville, avec ses rues remplies de décorations lumineuses, ses jolies vitrines, et la quête d’une magie ancrée dans les souvenirs d’enfance où c’était vraiment un moment unique dans l’année pour se faire plaisir et faire plaisir aux autres en les gâtant de belles choses.

Marie-Claude Lortie Marie-Claude Lortie
La Presse

Il y a des gens qui détestent cette frénésie aujourd’hui remise en question par les excès de notre société de consommation où l’on s’offre tout à longueur d’année, où Noël n’est qu’un prétexte parmi bien d’autres pour acheter et acheter encore.

À ceux qui fuient le centre-ville et les rues commerciales achalandées, mais qui veulent quand même se retrouver ensemble dans un petit restaurant sympathique, je recommanderais un nouveau venu avenue Papineau, dans Villeray.

C’est l’Osteria Antonietta. Il n’est pas parfait. Mais il a la grande qualité d’être à l’écart des buzz et des foules, dans sa bulle. Et d’offrir un moment de restauration simple et sans prétention.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

L’assiette de kaki, de pistaches, de grains de grenade et de feuilles de basilic pour accompagner une burrata, servie en entrée, est franchement charmante. 

Ouvert par quatre Montréalaises d’origine italienne rendant hommage à leurs racines et à leurs traditions, Antonietta propose de la pizza et des pâtes, quelques antipasti en entrée et un plat de viande ou de poisson. Les vins y sont naturels. 

De grands efforts sont faits pour appliquer des principes très italiens à la cuisine : peu d’ingrédients, peu de chichi dans l’assiette. 

C’est cette simplicité et ce parti pris pour la franchise qui me font croire, d’ailleurs, que les défauts observés au moment de mon passage pourraient être aisément corrigés, ce qui redresserait ainsi facilement la situation. Ce n’est pas la structure qui est chambranlante, mais plutôt la finition.

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Le tiramisu maison, riche, crémeux, préparé avec des doigts de dame maison, est un classique bien interprété. 

Par exemple, les pétoncles servis crus. C’est carrément une bonne idée de les accompagner de fenouil, d’agrumes et d’olives, une combinaison éprouvée qui combine la douceur un peu vanillée du mollusque, la légère acidité des fruits et le goût bien salé, profond des olives noires. Petit détail : pour que cette recette marche parfaitement bien, il faut des pétoncles parfaitement frais de grande qualité. Le moindre défaut apparaît instantanément. 

Mon entrée préférée : celle où tous les ingrédients tombent impeccablement à leur place, donc une assiette de kaki, de pistaches, de grains de grenade et de feuilles de basilic pour accompagner une burrata — de la mozzarella farcie à la crème. Ici, on ne s’ennuie même pas des tomates souvent servies en accompagnement pour ce genre de fromage. 

Le kaki est en saison — même s’il est importé —, la pistache et la grenade apportent croquant gras et acidité vitaminée. On aurait pris encore plus de basilic, mais c’était néanmoins franchement charmant.

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L’assiette de raviolis aux bettraves et ricotta

En plat principal, nous avons opté pour deux volets du menu. De la pizza et des pâtes. 

Dans les deux cas, la maison aurait pu faire mieux. Pour la pizza, le commentaire est simple : la pâte extérieure, dodue sur le pourtour — ce sont des pizzas napolitaines —, n’est pas assez croustillante à l’extérieur. Une bonne partie de l’intérêt de ce type de pizza repose dans le contraste entre la texture extérieure craquante et le moelleux presque un peu sucré qui se cache dessous. 

Pour les pâtes, nous avons choisi un plat de campanelle, un type de pâte en tube un peu frisée, que nous avons aussi partagé. C’était probablement le plat le plus décevant du repas. Pâtes à la cuisson un peu trop avancée, pas nécessairement de qualité optimale — ça paraît là aussi dans la résistance sous la dent et l’absorption des saveurs de la sauce —, garniture un peu fade. Sur papier, la combinaison de chou romanesco, de raisins secs, de pignons, de chili, d’ail et d’anchois avait tout pour plaire. Mais les saveurs marquées qu’auraient dû apporter ces trois derniers ingrédients ne se faisaient pas réellement sentir. Il est un peu étonnant de devoir demander du sel en à-coté quand une sauce contient des anchois… 

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Pour la pizza, le commentaire est simple : la pâte extérieure, dodue sur le pourtour — ce sont des pizzas napolitaines —, n’est pas assez croustillante à l’extérieur.

Pour le dessert, nous avons partagé un tiramisu maison fort sympathique. Riche, crémeux, préparé avec des doigts de dame maison. Un classique bien interprété. Comme pourraient facilement l’être tous les autres plats essayés, avec simplement quelques ajustements. 

Notre verdict

On paie : Entre 14 $ et 22 $ pour les entrées, entre 22 $ et 34 $ pour les plats principaux. 

On boit : Des vins surtout naturels, italiens. 

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Ouvert par quatre Montréalaises d’origine italienne rendant hommage à leurs racines et à leurs traditions, Antonietta propose de la pizza et des pâtes, quelques antipasti en entrée et un plat de viande ou de poisson.

On se sent : Accueil chaleureux, service affairé, cuisine totalement ouverte. Décoration ? Minime. Un peu rétro. 

On aime bien : Le côté isolé, sans esbroufe ni la moindre prétention de ce restaurant qui cherche vraiment à rappeler l’Italie.

On aime moins : Il y a encore du travail à faire pour amener les saveurs aux niveaux de richesse et de profondeur qu’on attend et recherche.

On y retourne ? Pas tout de suite. 

Antonietta. 6672, avenue Papineau, Montréal. https://www.facebook.com/antonietta.mtl/