Si jamais un jour je décide de classer toutes les critiques de restaurants que j’ai écrites depuis 2002, il y aura sûrement une grande catégorie pour tous ceux que je voulais vraiment aimer, du fond du cœur, mais qui m’ont laissée déçue.

Marie-Claude Lortie Marie-Claude Lortie
La Presse

Souvent, on regarde un projet sur papier et on veut que ce soit parfait, parce que l’idée est tellement bonne. Et puis, on arrive sur place et ce n’est vraiment pas tout à fait ça. C’est à côté. 

Peut-être que le lieu est décevant, que l’exécution des plats n’a pas la précision ou le panache attendus. Que le service est perdu.

Ça m’est arrivé récemment à Brossard. 

J’avais entendu vraiment plusieurs bons commentaires au sujet de Golden Dragon et je me réjouissais à l’idée de découvrir une brasserie sympathique et savoureuse, conjuguant joyeusement l’art de l’autodérision à la québécoise et un thème de fond d’inspiration asiatique. Je me disais que je vous dirais d’en profiter pour essayer le nouveau pont. Pour aller sur la terrasse.

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Au Golden Dragon, les couleurs sont au rendez-vous avec encore des lampes en papier chinoises un peu partout, des guirlandes, et quand on nous apporte la tête de poisson, elle est coiffée d’un feu de Bengale.

Or voilà. C’était accueillant et rigolo certes. Mais quelque part dans cet univers avec beaucoup de sauces et trop peu de saveurs franches et bien équilibrées, mon enthousiasme s’est perdu. 

Mais d’abord, parlons de toutes les bonnes raisons d’y aller. 

En premier, le lieu est franchement enthousiasmant.

Dès l’arrivée dans le stationnement du petit centre commercial du boulevard Taschereau, à Brossard, on sourit en apercevant les lampions multicolores accrochés au-dessus de la terrasse. C’est festif.

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Le menu est rempli de bonnes idées, qui n’arrivent malheureusement pas à bon port.

Dans le restaurant, les couleurs sont aussi au rendez-vous avec encore ces lampes en papier chinoises un peu partout, des guirlandes, et quand on nous apporte la tête de poisson, elle est coiffée d’un feu de Bengale. Sur le menu, les blagues abondent. Un dessert s’appelle « tiramitsou » et un plat, le « tartare en retard », sans parler du « chow man ». 

J’ai ri.

Les propriétaires et pilotes du projet, Justin Daoust, Dan Pham, Francis Wong et Manny Vides, sont des rigolos. Tout comme le chef qui a conçu le menu, John Mike, un ancien de Tripes & Caviar. Un menu d’ailleurs rempli de bonnes idées qui n’arrivent pas à bon port.

On veut aimer, par exemple, le plat appelé Gâteau de fête, fait de chou-fleur rôti, de yaourt aux agrumes, de pommes grenades, avec nori, arachides et coriandre vietnamienne. Sauf que le mélange tombe à plat. On cherche le croquant des arachides pour équilibrer l’ensemble, tout comme la fraîcheur parfumée de la coriandre. Le légume n’est plus assez ferme. Et on se demande ce que fait tout ce yaourt. 

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Les propriétaires et pilotes du projet, Justin Daoust, Dan Pham, Francis Wong et Manny Vides, sont des rigolos. Tout comme le chef qui a conçu le menu, John Mike, un ancien de Tripes & Caviar.

Même chose pour le « French kiss », une tête de saumon qu’on annonce croustillante, accompagnée de lait de coco avec gingembre, curcuma, sauce sriracha. Avec ses étincelles à la livraison à la table, le plat surprend, mais des attentes sont aussi créées. Et quand on cherche le croustillant de la peau sous l’abondante sauce au coco et qu’on se perd dans les méandres gélatineux de cette pièce de poisson intéressante, mais néanmoins pourvue de défis culinaires, on déchante. 

Mon plat préféré ? Probablement la P’tite verte, soit une salade de papaye verte avec concombre et daikon mariné, coriandre, arachides rôties. Ici, on réussit à rester sur un chemin plus sûr où les légumes ne sont pas assommés par des sauces éclectiques. Où leur fraîcheur et celle de la coriandre, des oignons verts et carottes râpées est conservée. Les dumplings au pâté chinois sont aussi recommandés, ainsi que le plat appelé « Cerise su’l sundae », où du poivre de Sichuan et des poireaux brûlés ponctuent ce plat de porc sauté sur riz blanc. 

Au dessert, on a choisi le tapioca avec mangue épicée, hibiscus, vanille… C’était souriant et moelleux et sucré, mais les épices et l’hibiscus n’ont jamais su apporter au tout le zeste espéré. Comme pour le reste, c’était plus excitant sur papier que dans l’assiette.

Notre verdict 

On paie : Plats à partager entre 8 $ et 19 $.

On boit : Des cocktails, de la bière, des « saké bombs ».

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

On se sent : Dans une brasserie avec des serveurs souriants mais pressés, plus du type serveurs de bar que serveurs de restaurant. 

On aime : L’humour, l’envie de faire quelque chose de différent, embrassant la réalité de cette banlieue métissée, la quête de différence et de singularité.

On aime moins : L’exécution décevante de concepts pourtant intéressants. 

On y retourne ? Pas tout de suite. 

Consultez le site du restoTrouvez ce resto sur notre carte