Un livre de recettes qui vient tout juste d’être publié, un nouveau restaurant ouvert cette semaine et une bonne humeur contagieuse. Nul doute que l’été s’annonce beau (et occupé) pour Caroline Dumas, que plusieurs appellent encore « Madame Soupesoup ». Rencontre.

Iris Gagnon-Paradis Iris Gagnon-Paradis
La Presse

Caroline Dumas ne s’en cache pas : les dernières années n’ont pas été faciles. Après avoir connu un succès retentissant avec la chaîne Soupesoup, qu’elle a fondée en 2001, elle admet aujourd’hui avoir pris une mauvaise décision d’affaires en vendant à Jacques Parisien (ancien numéro deux d’Astral Média), en 2014, tout en continuant à œuvrer au sein de l’entreprise. Leurs relations se sont détériorées au point où elle s’est fait montrer la porte, en 2016, affirme-t-elle.

Un dénouement qui l’a beaucoup affectée, raconte-t-elle, car pour de nombreuses personnes, le visage de Caroline Dumas est indissociable de celui de « Madame Soupesoup ». Depuis, elle s’est faite discrète, en allant se « cacher » à Outremont pour ouvrir, en 2017, le Bloomfield, un petit restaurant de quartier.

Mais la cuisinière est désormais prête à sortir de l’ombre et à retrouver sa place au soleil. Un état d’esprit auquel la faillite de Soupesoup, en février dernier, n’est pas étrangère. D’ailleurs, sa première réaction, lorsqu’un journaliste l’a contactée pour lui apprendre la nouvelle, a été de dire qu’elle serait prête à racheter le nom, si elle le pouvait — ce qui s’est avéré impossible, car la marque commerciale Soupesoup existe toujours, avec sa gamme de soupes vendues en épicerie.

« Soupesoup, c’est moi. Je n’ai aucun sentiment négatif par rapport à ce nom ! C’est un peu comme si je retrouvais une partie de mon identité. »

Qu’à cela ne tienne : elle a du moins récupéré le bail commercial de l’ancien Soupesoup du Mile End (ironiquement, elle avait participé à son ouverture, mais sans jamais pouvoir elle-même le gérer) en plus de racheter aux enchères des équipements et du mobilier d’anciens Soupesoup. Et la voilà prête à repartir à neuf, avec un nouveau nom, tout simple, mais qui en dit des tonnes : Caroline.

Dans l’espace lumineux du Caroline, qui a officiellement ouvert ses portes le 21 mai, elle veut créer un endroit à son image, décontracté avec une touche d’effervescence, où l’on pourra se rendre, du midi au soir, pour manger quelques soupes (bien sûr!), des tartines, une sélection de plats du marché, des plateaux divers…

Il y aura aussi une petite section « dépanneur », destinée principalement aux travailleurs de l’immeuble du 5333, Casgrain, ainsi qu’un espace boutique, baptisé Alexia Studio, dont la sélection de vêtements, d’objets et d’accessoires en tout genre sera assurée par sa fille aînée.

« J’ai fait installer une partie bar, car j’aimerais qu’en soirée, les gens viennent boire des cocktails et danser ! », lance-t-elle, enthousiaste, ajoutant qu’il y aura toujours quelques choix de repas « keto » au menu, puisqu’elle s’est elle-même convertie à ce type d’alimentation depuis quelques mois.

Boire et manger en toute simplicité

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Caroline, le nouveau restaurant de Caroline Dumas, est situé dans l’ancien Soupesoup du Mile-End.

Parlant cocktails, la restauratrice en aura plusieurs à proposer au Caroline si l’on se fie à son nouveau livre de recettes, paru chez Édito cette semaine et simplement intitulé À boire et à manger. Foisonnant, il rassemble pas moins de 80 recettes de cocktails et une centaine de tapas, mezze et hors-d’œuvre. On ne peut reprocher à la cuisinière de manquer d’inspiration!

Ce livre est né du plaisir que Caroline Dumas a toujours eu à recevoir, en toute convivialité. Un esprit insufflé à travers les cinq chapitres thématiques du livre : « En bonne compagnie », « Soirée d’été », « Voyage, voyage », « Hiver de force », « Passé composé ». L’idée de rassembler cocktails et petites bouchées lui permet de proposer des inspirations de tablées décontractées, en formule brunch ou apéro, par exemple.

« Ce n’est pas un livre de mixologie super compliqué. Pas besoin d’être un pro ! »

« On part de cocktails classiques qu’on réinvente à notre façon, avec des idées de tapas et mezze pour les accompagner », explique celle qui a commencé à s’amuser davantage avec les cocktails lors de l’ouverture du Bloomfield.

PHOTO FOURNIE PAR ÉDITO

À boire et à manger - Cocktails, tapas, mezze & compagnie, Caroline Dumas, Édition Édito, 216 pages.

Au fil des pages, on retrouve sa version du cosmo, le « carosmopolitain », un spritz à la pastèque, un gimlet à la rhubarbe ou un bloody tomatillo, par exemple. Le tout, accompagné de mises en bouche, la plupart en toute simplicité côté exécution.

On navigue entre les classiques comme les guédilles aux crevettes, la cassolette de palourdes et la salade Cobb, en rencontrant au passage quelques plats aux inspirations plus exotiques comme les frites de manioc, l’aguachile et les bajhi à l’oignon.

Parallèlement, Mme Dumas travaille à un projet de livre, intitulé Nourrir, où elle veut aller à la rencontre de personnalités afin de connaître leur rapport à la nourriture, ce qu’elles mangent dans leur quotidien, et créer ensuite des recettes inspirées par ces rencontres.

Un été occupé, disions-nous ?

5333, avenue Casgrain, Montréal

À boire et à manger — Cocktails, tapas, mezze & compagnie. De Caroline Dumas. Édition Édito, 216 pages. 27,95 $.

Deux recettes tirées du chapitre « Soirée d’été »

PHOTO FOURNIE PAR ÉDITO

Aguachile de pétoncle et margarita rose, des recettes tirées du nouveau livre de Caroline Dumas.

Margarita Rose

Pour 1 cocktail

Ingrédients

– 45 ml de téquila blanche

– 15 ml de liqueur d’orange (Grand Marnier, Triple sec…)

– 15 ml de jus de lime

– 15 ml de sirop simple

– 60 ml de vin rosé

– 4 fraises (dont 2 pour la décoration)

– Glaçons

Préparation

1. Dans un shaker rempli de glaçons, mélanger vigoureusement tous les ingrédients, en réservant 2 fraises pour décorer.

2. Verser dans un verre à margarita ou daïquiri. Décorer d’une brochette de fraises.

Aguachile

Pour 4 personnes

Ingrédients

– 250 g de pétoncles, coupés dans l’épaisseur, ou de poisson blanc

– Jus de 2 limes

– 2 à 3 pincées de sel de mer

– 1 piment serrano

– 3 tomatilles fraîches ou 3 tomates jaunes

– 1 bouquet de coriandre : les tiges coupées finement, les feuilles pour décorer

– 1/2 piment poblano, coupé en petits dés

– 1 concombre, coupé en 2 sur la longueur puis en tranches de 1/2 cm

– 2 tomates jaunes ou rouges, en quartiers, ou des tomates cerises, coupées en 2

– 1/2 oignon rouge, en fines lamelles

Préparation

1. Déposer les pétoncles dans un bol, arroser de lime, saupoudrer d’une pincée de sel. Réserver.

2. Broyer au mixeur le jus de lime, le serrano, les tomatilles, les tiges de coriandre et le sel.

3. Rassembler les pétoncles, le poblano, le concombre, les tomates et l’oignon rouge dans un bol de service

4. Verser le mélange de tomatilles tout autour.

Note : ajoutez des grains de maïs et des cubes d’avocat, si désiré.