(Dijon) Les dégâts dans les vignes de Bourgogne, dus au gel printanier survenu dans la nuit de dimanche à lundi, semblaient « limités », ont assuré plusieurs vignerons lundi matin à l’AFP.

Publié le 4 avril
Agence France-Presse

« Pour l’instant, les pertes sont limitées », a indiqué Pierre Vincent, directeur général du domaine Leflaive, à Puligny-Montrachet, une appellation qui était particulièrement à risque en raison de sa végétation précoce.

« C’est descendu à -5 dans le bas du village », a-t-il ajouté, après avoir passé une nouvelle nuit blanche au rythme des alertes des sondes à gel installées dans les vignes.

Depuis samedi, le célèbre domaine avait disposé bougies et chaudières à bois pour protéger 15 hectares de ses vignes les plus exposées et les plus prestigieuses. « Cela coûte environ 5000 euros (6900 $) l’hectare, mais, si on ne l’avait pas fait, on aurait eu des pertes de 50 à 80 %, comme l’an dernier », a assuré le directeur.

En avril 2021, un gel tardif très vif avait amputé la récolte de moitié en moyenne.

Mais « rien n’est gagné », a souligné M. Vincent. « Je suis très inquiet, car nous ne sommes que début avril. En 2016, le gel était survenu le 27 avril et on avait perdu 80 % de la récolte », a-t-il rappelé.

Cette année, une chance pour les viticulteurs de la région, la vigne bourguignonne a été moins précoce que l’an dernier, les bourgeons n’étant déjà apparus que sur un nombre limité de parcelles. La plupart des vignes étaient donc moins sensibles au gel.

Dans le Mâconnais, les températures ne sont finalement « pas descendues en dessous de -2 degrés maximum », s’est réjoui Jérôme Chevalier, président de l’Union des producteurs de vins Mâcon. « Cela a permis de limiter les effets du gel. Les viticulteurs sont soulagés après beaucoup d’angoisse », s’est-il félicité.

« Certains ont préféré allumer, mais je ne pense pas que c’était nécessaire », a jugé William Trouillet, vigneron à Pouilly-Fuissé (Saône-et-Loire). « Pour ma part, je n’ai pas allumé les bougies. »