(Montréal) La microbrasserie gaspésienne Pit Caribou se dote d’équipements qui devraient lui permettre non seulement de percer les marchés européen et asiatique, mais aussi de forcer les portes de nombreux détaillants ici même au Québec.

Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne

Grâce à une aide fédérale annoncée lundi, Pit Caribou pourra sortir de ses bouteilles et se mettre en cannettes dès cet automne. Ottawa a en effet octroyé un prêt de 260 000 $ avec lequel l’entreprise de Percé pourra se doter d’une ligne canneteuse automatisée et d’un compresseur qui seront fonctionnels à l’automne.

Des parts de marché importantes échappent à cette microbrasserie, alors que les bières en cannettes occupent environ 60 % du marché. Cette situation met des bâtons dans les roues de l’entreprise même au Québec, a souligné son copropriétaire, Jean-François Nellis.

« Ça nous arrive quand même régulièrement de se faire barrer à certains endroits, malheureusement, parce qu’on a seulement de la bouteille. C’est triste, mais il faut s’adapter et ce qui est “plate” un peu, c’est que la bouteille est un produit 100 % canadien qui est lavé au Québec. On se fait refuser un produit qui est totalement de chez nous par du monde de chez nous », a-t-il déploré en conférence de presse virtuelle.

PHOTO ARCHIVES LA PRESSE

La Blonde de l’Anse de Pit Caribou

Puisque la cannette est plus légère et prend moins de place sur les tablettes, elle est plus facile et moins chère à distribuer. Cet emballage, précise M. Nellis, est également le passeport requis pour sortir du Québec et du Canada.

« Ça va nous permettre […] d’aller nous attaquer à des marchés qu’on ne serait pas capables si on n’avait pas de cannettes. On parle de l’Europe, de l’Asie et des États-Unis. On travaille depuis un an et demi pour développer le marché en Asie et en Europe. »

Croissance

La microbrasserie a connu une montée impressionnante au fil des ans. Fondée en 2007, elle produisait alors 20 000 litres de bière par année avec deux employés. Installée dans une ancienne usine de loup marin, Pit Caribou emploie maintenant 40 personnes à temps plein et produit un million de litres annuellement.

La contribution fédérale s’inscrit dans un projet de développement totalisant 1,35 million.

Jean-François Nellis souligne que ses bières sont faites avec des produits locaux et la Gaspésie est profondément ancrée dans le cœur de l’entrepreneur qui assure que, quelle que soit la taille éventuelle de Pit Caribou, elle ne bougera pas de là.

« On souhaite ardemment développer un siège social international en Gaspésie. Ce serait vraiment une fierté pour nous. »