(Dijon) Les exportations de vins de Bourgogne ont établi un nouveau record en 2019, mais la surtaxe Trump, le Brexit et le coronavirus font peser des incertitudes pour 2020, a indiqué mardi le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB).

Agence France-Presse

Une hausse de 9,2 % en volume, avec près de 90 millions de bouteilles, et de 10,3 % en chiffre d’affaires, qui dépasse pour la première fois le milliard d’euros : les vins de Bourgogne poursuivent leur croissance à l’international, relancée depuis 2015, se félicite le BIVB dans un communiqué.

La Bourgogne réalise environ 49 % de ses ventes à l’exportation, dans 168 pays.

Ses cinq premiers marchés en volume, les mêmes depuis 2011, ont tous connu une croissance en 2019 : États-Unis (+7,2 % en volume, +6,5 % en valeur), Royaume-Uni (+8,7 % et +3,7 %), Japon (+2,4 % et +10,7 %), Belgique (+15,4 % et +11,6 %) et Canada (+7,9 % et +9,5 %). Ce quinté regroupe 63 % des volumes exportés, pour 57 % du chiffre d’affaires.

Mais les vignerons et négociants bourguignons restent « prudents, car le contexte actuel et à venir pourrait changer les perspectives », avertit le BIVB dans son texte.

La hausse des droits de douane imposée par les États-Unis, qui génèrent 22 % du chiffre d’affaires export des Bourgogne, a déjà provoqué une baisse de 17 % des ventes en valeur dans ce pays au dernier trimestre 2019.

« Si l’on exclut la petite récolte de 2013, il faut revenir à la crise économique de 2008 pour constater une baisse des exportations de vins de Bourgogne sur les États-Unis », rappelle le BIVB.

Le Brexit n’a pas encore pesé sur les ventes au Royaume-Uni, qui représentent 14 % des ventes et 17 % des volumes exports. Mais « personne ne peut dire ce qu’il sera », prévient le Bureau.

La crise politique à Hong Kong (4e marché export en valeur) y a déjà fait chuter les importations de vins de toutes origines. Le marasme n’atteint pas encore les vins de Bourgogne, mais « la crise risque de durer », avertit le BIVB.

Quant à la Chine, 10e marché export en valeur, c’est elle qui progresse le plus en 2019 : +24,4 % en volume et +22,7 % en valeur. Mais l’épidémie de coronavirus pourrait avoir des impacts « visibles dans les résultats du premier trimestre 2020 ».