(Sydney) Des alliés de Canberra, parmi lesquels les États-Unis et Taïwan, ont exprimé mercredi leur soutien au secteur viticole australien, en promettant de boire du vin de ce pays afin de réduire l’impact des sanctions prises par Pékin.

Agence France-Presse

Vendredi, la Chine a annoncé l’imposition de lourdes mesures antidumping contre les vins australiens importés, accentuant sa pression sur l’Australie dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes.

En réponse, les alliés de Canberra ont appelé à acheter du vin australien, désormais soumis en Chine à des surtaxes compensatoires allant jusqu’à 212 %.

« Nous sommes solidaires avec l’#Australie en servant du #FreedomWine (Vin de la liberté) », a déclaré le ministère des affaires étrangères taïwanais dans un tweet.

À Washington, le Conseil de sécurité nationale a assuré « que du vin australien sera (it) servi lors d’une réception cette semaine à la Maison-Blanche ».

« Dommage pour les amateurs de vin chinois qui, en raison des tarifs coercitifs imposés par Pékin aux viticulteurs australiens, seront laissés pour compte », a-t-il poursuivi.

L’Alliance interparlementaire sur la Chine (IPAC), qui regroupe des parlementaires de 19 pays, a fait part de son soutien, s’engageant à échanger le pinot noir néo-zélandais, l’aquavit norvégien ou le saké japonais contre une boisson australienne.

Pour les professionnels du secteur viticole australien, cette mesure signifie que le très lucratif marché chinois va désormais se tarir.

Treasury Wine Estates, l’une des principales entreprises productrices du pays, entend donc se tourner vers d’autres « marchés du luxe en pleine croissance » et réduire ses coûts. En 2020, le marché chinois avait représenté 30 % de ses revenus.

Les exportations de vin australien vers le pays asiatique ont atteint l’an passé 1,25 milliard de dollars australiens (1,18 milliard $), selon Canberra.

Les relations entre Pékin et Canberra ont commencé à se détériorer en 2018 lorsque Canberra a exclu le géant chinois des télécoms Huawei de la construction de son réseau 5G, au nom de la sécurité nationale.

Elles se sont encore tendues lorsque le premier ministre australien Scott Morrison s’est aligné sur les États-Unis, en appelant en avril à une enquête internationale sur les origines de la COVID-19.