(Londres) La consommation de bière au Royaume-Uni a chuté à un niveau jamais vu au premier trimestre à cause de la fermeture des pubs en raison de la pandémie, ont indiqué jeudi les professionnels, appelant le gouvernement à la clarté sur une future réouverture.

Agence France-Presse

Entre janvier et mars, les ventes de bière ont reculé de 7,2 % par rapport au début de 2019 à 1,5 milliard de pintes, un niveau jamais vu en 20 ans de données, a indiqué la British Beer & Pub Association (BBPA).

Cette nouvelle laisse entrevoir un résultat bien pire pour la suite : ce record a été atteint alors que les pubs n’ont été fermés qu’en toute fin de cette période.

Face à la propagation du nouveau coronavirus, le gouvernement de Boris Johnson a demandé le 16 mars aux Britanniques d’éviter de se rassembler et a fermé les pubs et restaurants le 20 mars, avant de décréter un confinement général le 23 mars.

Le plan de déconfinement prévoit une réouverture progressive de ces établissements à partir du 4 juillet, mais aucun détail n’a encore été publié sur la manière dont cela pourrait se dérouler (en extérieur uniquement d’abord, avec quelles mesures de sécurité...).

« L’impact brutal sur notre secteur [...] est clair » avec la chute du premier trimestre entraînée « entièrement par la soudaine fermeture des pubs et deux semaines sans ventes », a commenté Emma McClarkin, la directrice de la BBPA.

Elle a demandé aux autorités de confirmer au plus vite la possibilité de rouvrir le 4 juillet : « Notre secteur a besoin d’être prévenu au moins trois semaines à l’avance », temps nécessaire notamment à la production de la « real ale », la « lager » demandant encore plus de temps.

« Nos pubs et brasseurs ont désespérément besoin de clarté », a-t-elle plaidé. « Il est impératif de recommencer à brasser de la bière et rouvrir les pubs dès que possible. Cela permettra de sauver les pubs de la fermeture définitive ».

Le secteur traverse déjà une période difficile. Depuis 2007, environ 25 % des pubs au Royaume-Uni ont fermé, soit à peu près 12 000 établissements, selon le Bureau national des statistiques (ONS).

À l’approche d’une réouverture espérée, le secteur s’inquiète notamment des consignes de distanciation physique britanniques qui recommandent de laisser deux mètres entre chaque personne, contre un mètre par exemple en France.

Face aux appels à réduire cette distance, le gouvernement a indiqué qu’une telle mesure était actuellement « à l’étude ». Selon la presse britannique, une décision pourrait être prise rapidement.

Le Royaume-Uni est le deuxième pays le plus endeuillé dans le monde avec plus de 41 000 morts testés positifs au coronavirus recensés.