(Bordeaux) Des professionnels du vin de Bordeaux vont finalement pouvoir déguster et noter le tout jeune millésime, début juin dans un format restreint, un mois après l’annulation de la traditionnelle « semaine des primeurs », ont annoncé mardi à l’AFP les organisateurs.

Agence France-Presse

Lors des « primeurs », qui se tiennent généralement début avril, mais avaient été reportées en raison de la crise sanitaire, acheteurs et prescripteurs du monde entier se pressent à Bordeaux pour apprécier les vins vendangés à l’automne.

Cette année, seulement 500 personnes, uniquement des négociants — chargés de vendre les vins à travers le monde — et des courtiers — entremetteurs pour la fixation des prix entre le négoce et les propriétaires — auront le privilège d’être les premiers à déguster une centaine de grands crus bordelais, les 4 et 5 juin dans un lieu privatif du centre de Bordeaux, a indiqué l’Union des grands crus de Bordeaux (UGCB), organisatrice historique de la « Semaine des primeurs ».

Cela représente une centaine de maisons de négoce et une quinzaine de bureaux de courtage, selon l’UGCB.

Les dégustateurs se succèderont par groupes de huit, avec crachoirs individuels, et les plus prestigieuses étiquettes du Bordelais leur seront servies par du personnel ganté et masqué. La salle sera désinfectée après chaque passage.

D’autres dégustations sont également organisées dans des propriétés bordelaises ou par différents organismes comme l’Association des grands crus classés de Saint-Émilion qui fera goûter les vins de ses 45 membres du 3 au 5 juin, également aux seuls négociants et courtiers.

Les primeurs, « c’est le seul évènement qui offre une vision globale du millésime à Bordeaux, d’apprécier des styles différents au sein d’une même appellation. Une formidable verticale », assure Ronan Laborde, président de l’UGCB.

Après Bordeaux, l’UGCB enverra les vins de ses 134 membres dans huit autres villes : Paris, Bruxelles, Francfort, Zurich, Hong Kong, Shanghai, Singapour et Tokyo. Ils seront dégustés par des professionnels sur place entre le 22 et le 27 juin.

« Nous cherchons des solutions pour Londres et les États-Unis », deux places importantes pour l’export, a précisé M. Laborde.

Les principaux œnologues critiques, qui ont une « résonance mondiale », recevront également les échantillons afin qu’ils puissent produire leurs très attendus notes et rapports.

Viendra ensuite « de mi-juin à mi-juillet » le temps dit de « la sortie primeur », c’est-à-dire la fixation du prix des bouteilles par les propriétés sur les conseils de leurs courtiers.

La crise actuelle laisse à penser que les châteaux devront consentir à une baisse substantielle du prix de leur nectar.

« Nous sommes dans un environnement déflationniste. La probable rencontre de difficultés macroéconomiques et d’un très beau millésime pourra contribuer à de belles affaires » pour les acheteurs, avance prudemment M. Laborde, également propriétaire du château Clinet, en Pomerol.