(Paris) Les vignes cultivées en bio couvraient 94 000 hectares en France l’an passé, soit 12 % des surfaces viticoles totales du pays, le chiffre d’affaires français de la filière pesant 1 milliard d’euros (1,5 milliard $), ont indiqué mercredi l’Agence bio et l’interprofession France vin bio.

Agence France-Presse

Les surfaces cultivées en bio ont augmenté l’an passé « de plus de 20 % par rapport à 2017 », a déclaré Florent Guhl, directeur de l’agence Bio, organisme public chargé d’accompagner le développement de l’agriculture biologique en France, au cours d’une conférence de presse.

La progression est très différente selon les vignobles et les régions, les plus bio (avec des surfaces supérieures à 30 %) étant situés dans les Bouches-du-Rhône, en Corse et en Vendée, alors que le Cognac et la Champagne ont encore des parts de bio relativement faibles, inférieures à 5 %.

Alors que l’ensemble de l’agriculture française s’est fixé pour objectif de parvenir à 15 % de ses surfaces cultivées en bio d’ici à 2022, pour la viticulture ce plafond sera bientôt dépassé : « On ne va pas s’arrêter à 15 %, l’objectif c’est 20 % en 2025 », a affirmé Thierry Julien, président de France vin bio, l’association nationale interprofessionnelle bio.

Le vin bio a d’abord progressé plus vite dans les appellations ayant un déficit de notoriété par rapport aux appellations prestigieuses, mais maintenant « tout le monde s’y met » sous l’effet de la forte demande des consommateurs, a-t-il ajouté.

Ainsi en Occitanie, les surfaces en « conversion bio » (il faut trois ans avant d’obtenir le label, NDLR), ont progressé de 70 % en 2018 par rapport à 2017, avec 2058 opérateurs (viticulteurs et négociants), a-t-il remarqué.

En Nouvelle Aquitaine, l’augmentation du nombre d’exploitants en bio a été de 13 % en 2018, avec 1085 opérateurs, et une augmentation de 62 % des surfaces en conversion, a indiqué Bernard Rabouy, viticulteur à Saint Pey-de-Castests et élu de l’interprofession.

Plus au nord, le long de la Loire, l’augmentation des conversions s’élève à 40 % dans les Pays de Loire et à 56 % dans le Centre Val de Loire, avec une augmentation de 10 % du nombre d’opérateurs total à environ 500, a souligné Philippe Gerard, négociant et responsable de France vin bio.

Ce développement est tiré par l’envolée de la consommation : de 189 millions d’euros en 2005, le marché des vins bio en France (hormis la restauration) a gonflé à 670 millions d’euros dix ans plus tard, et à 1,052 milliard en 2018.

« La demande est plus forte que l’offre en ce moment » a indiqué M. Guhl. « Il y a encore cinq ans, la grande distribution ne croyait pas au bio, et maintenant elle réalise quasiment autant de ventes que les magasins spécialisés et les cavistes », a ajouté M. Gérard, satisfait de voir que « pour une fois, en ce moment, on peut négocier avec eux ».