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Tendances alimentaires 2019: champignons, gras et sans-plastique

«La prise de conscience de l'impact de nos... (Photo Alain Roberge, La Presse)

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«La prise de conscience de l'impact de nos choix fait qu'en 2019, il y a un désir plus grand des consommateurs de réduire leur empreinte», constate Guillaume Mathieu, associé d'Ilot marketing.

Photo Alain Roberge, La Presse

En 2018, on a mangé - et instagrammé - des aliments sans sucre ajouté ni additifs, servis dans des bols, en buvant une boisson fermentée. Quelles sont les tendances qui vont influencer notre alimentation en 2019? La Presse a compilé les prévisions d'une dizaine de spécialistes et d'entreprises pour créer ce palmarès sans prétention.

1. Manger nu (ou presque)

Pas question de manger n'importe quoi (sauf après minuit, mais ça ne compte pas), surtout si c'est emballé dans du plastique. «Le plastique, c'est comme le nouveau démon, constate Guillaume Mathieu, associé d'Ilot stratégie et gestion de marque. C'est l'ennemi à abattre.» Après avoir fait ce dur constat en 2018, on cherche des options de rechange: des emballages faits de carapaces de crevettes, d'algues ou d'autres matériaux biologiques, comme ceux de tissu enduit de cire d'abeille que fabrique l'entreprise québécoise Api-flex. On ne se contente plus des restos «apportez votre vin»: on fréquente des épiceries «apportez votre sac à légumes», prédit la chaîne américaine Whole Foods Market. Quant au vrac, c'est vraiment «lit» (en langue ado, ça veut dire que c'est super).

2. Manger en toute confiance

«Les achats de produits alimentaires locaux et de produits alimentaires responsables en général continueront d'être porteurs», dit Francine Rodier, professeure au département de marketing de l'ESG-UQAM. On veut de la traçabilité et de la transparence, pour manger en toute confiance. Il est plus facile de vérifier l'origine des aliments quand ils sont cultivés ou cuisinés à proximité - d'où la popularité des légumes qui poussent en ville. On ne veut pas juste le savoir, on veut le voir, si bien que les entreprises (comme la distillerie Cirka ou Les Fermes Lufa) ouvrent désormais leurs portes aux clients qui désirent les visiter. À planifier comme sortie en 2019.

3. Légumes, légumes, légumes

C'est l'ère des échanges, et on ne parle pas de hockey ici : on mange de la croûte à pizza faite de chou-fleur, des spaghettis de courgettes, du faux riz en brocoli, des chips de pois chiches et de la crème glacée à base de banane, constate le Studio Bordewijk, une agence néerlandaise spécialisée en alimentation. En résumé, le légume (et le fruit) réinventé est roi. Les prochains chouchous seront le jicama (un tubercule croquant), le céleri-rave et le chou-rave, selon Mareya Ibrahim, dite The Fit Foodie, une chef et auteure californienne. «Il y a un changement de perception par rapport aux diètes à base de plantes», dit Guillaume Mathieu. Ricardo a lancé un livre consacré aux légumes «et en 2019, les grandes chaînes vont embarquer dans le mouvement», estime l'expert.

4. Ce mot qui commence par V

Pour notre santé, celle de notre planète (et celle de notre marge de crédit), on réduit notre consommation de viande (un mot qu'on n'ose pratiquement plus prononcer, comme Voldemort). Aujourd'hui, les Canadiens mangent 94 millions de kilos de boeuf en moins par année comparé à 2010, selon le Rapport canadien sur les prix alimentaires à la consommation 2019, des universités Dalhousie et Guelph. «Cela entraîne une quête vers des protéines de substitution», observe Francine Rodier. Légumineuses, noix, graines, insectes et pseudo-céréales sont au menu. Ce qui est nouveau, c'est que ces options de rechange veulent séduire les carnivores avec des saveurs fumées, grillées, etc. Aux Pays-Bas, le livre de cuisine Man.Eat.Plant. propose ainsi des recettes de faux boeuf Wellington et de végéprosciutto. «C'est un signal qui nous montre que ce n'est plus macho ni nécessaire de manger des produits animaux», lit-on sur le site maneatplant.com.

Les shiitakés, comme les autres champignons, prennent du... (Photo Archives La Presse canadienne) - image 2.0

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Les shiitakés, comme les autres champignons, prennent du galon en 2019. 

Photo Archives La Presse canadienne

5. Champignons champions

Riches en umami - un goût savoureux, qu'on retrouve notamment dans la sauce soja et le parmesan -, les champignons volent la vedette en 2019. «Les champignons comme le pleurote du panicaut joueront un rôle clé, leur saveur et leur texture permettant de créer de faux jerkys, de fausses couennes de porc frites et du faux bacon satisfaisants et croustillants», prévoit Whole Foods Market. Bonne nouvelle : des trousses de culture permettent d'en cultiver soi-même. D'autres champignons poussent sur le marc de café, ce qui en fait des aliments créés «à partir de ce qu'on aurait appelé jusqu'à tout récemment des déchets», note Guillaume Mathieu. À essayer: le pleurote du panicaut (king trumpet, en anglais), les shiitakés, les enokis, les portobellos et les méconnus maïtakés (cultivés notamment à London, en Ontario), suggère le Studio Bordewijk.

6. Prêts à explorer

Au lieu de manger du pâté chinois arrosé de ketchup, les enfants de 2019 réclament un pad thaï ou un bol poké. Pas étonnant: leurs parents sont aventureux à table. En 2017, il y a eu 35 % plus de lancements d'aliments et de boissons identifiés comme étant des «découvertes» à l'échelle mondiale qu'en 2016, selon Innova Market Insight. Près de 20 % des nouveaux produits avaient des arômes dits «ethniques». Foodora Canada note aussi un engouement pour les cuisines familiales du monde entier, par exemple celle de Taïwan.

7. Vague du Pacifique

Les saveurs du littoral du Pacifique - tant à l'est qu'à l'ouest, ce qui englobe l'Asie, l'Océanie et l'ouest des Amériques - sont en vogue, d'après Whole Foods Market. Fruit du dragon, de la passion, jaquier (en remplacement de la viande), extrait de fruit du moine (comme édulcorant), crevettes séchées et pâte de seiche sont de plus en plus présents. Du faux thon en conserve à base de protéines végétales sera bientôt offert par l'entreprise Good Catch, ce qui réjouira ceux qui se privent de ce poisson surpêché. À grignoter? Oubliez les algues croustillantes: la nouveauté sera sous la forme de graines de nénuphar soufflées.

Des pâtisseries à la marijuana vendues au Colorado... (Photo Matthew Staver, Archives The New York Times) - image 3.0

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Des pâtisseries à la marijuana vendues au Colorado

Photo Matthew Staver, Archives The New York Times

8. Cannabiscuits

«Le cannabis sera pour le monde agroalimentaire la prochaine manne semblable à la folie du sans-gluten, un miracle venu de nulle part», prédit le Rapport canadien sur les prix alimentaires à la consommation 2019. Depuis octobre, il est légal de fumer le cannabis, mais pas encore de le vendre dans des produits comestibles - le feu vert (excusez-la) devrait être donné à l'automne. Ça devrait être florissant: un rapport de Deloitte publié l'an dernier estime que le marché des produits comestibles à base de cannabis pourrait dépasser les 5 milliards de dollars d'ici cinq ans. En version plus relax (encore que...), les aliments à base de chanvre ont aussi la cote.

9. Retour du gras

Grâce à la popularité des régimes keto (ou cétogène), paléo et «pégane» (une étonnante combinaison des diètes paléo et végane, nommée tendance de 2019 par Pinterest), les gras sont à l'honneur. Tant pis pour les glucides... Par exemple, la marque Suzie's Good Fats vend une barre ayant pour premier ingrédient un «mélange de gras», composé notamment de beurre d'amandes, de stéarine de palme et d'huile de noix de coco.

10. S'alimenter en ligne

«Les achats d'aliments en ligne sont plus répandus, plus crédibles et gagnent progressivement la confiance des consommateurs», indique Francine Rodier. On ne fait pas juste commander son repas ou son épicerie sur son cellulaire: on compare les prix, on cherche des producteurs et on magasine les soldes. Décidés à mieux manger, on est néanmoins débordés, si bien qu'on cherche «de la nourriture de la qualité d'un restaurant, en format prêt à manger», précise Mintel, une entreprise mondiale spécialisée dans les études de marché. La popularité des boîtes de repas prêts à cuisiner (déclinées à toutes les sauces) ne se dément pas, comme celle des services de livraison. Foodora, qui livre les repas de 7000 restaurants de huit pays dans le monde, prévoit au Canada une hausse de commandes de... desserts.

Sources consultées: Guillaume Mathieu, stratège de marque et associé d'Ilot stratégie, projet onjase.co, Francine Rodier, professeure au département de marketing de l'ESG-UQAM, The Fit Foodie, Foodora Canada, Mintel, Stylissime communications, Innova Market Insight, Whole Foods Market, Studio Bordewijk, universités Dalhousie et Guelph.




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