(Montréal et Québec) Paul St-Pierre Plamondon admet avoir critiqué la mise en berne du drapeau du Québec trop rapidement jeudi, à peine quelques heures après le décès de la reine Élisabeth II. François Legault l’accuse d’avoir fait « de la petite politique ». Il refuse du même souffle d’avoir un débat sur la place de la monarchie au Québec.

Mis à jour le 9 septembre
Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse
Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

Le chef du Parti québécois (PQ) en convient : « J’ai eu une réaction trop spontanée, j’ai mal choisi le moment parce que sur le coup, je m’adressais au gouvernement du Québec et si ç’a froissé des gens, ce n’était pas ça mon intention », a-t-il expliqué vendredi en marge d’une annonce sur la rénovation des écoles à Montréal.

Jeudi, Paul St-Pierre Plamondon a dénoncé sur les réseaux sociaux la décision du gouvernement Legault de mettre le drapeau du Québec en berne sur la tour centrale de l’hôtel du Parlement jusqu’au jour des funérailles. Sur Twitter, le chef a écrit que François Legault « ne devrait pas traiter la reine d’Angleterre en chef de l’État québécois ni donner de crédibilité à un régime colonial britannique illégitime au Québec. »

« J’en reviens pas de ce qu’a fait M. St-Pierre Plamondon. Bernard Landry dans le temps, quand la reine mère est morte, […] Bernard Landry a mis le drapeau du Québec en berne. Les États-Unis, qui sont indépendants depuis longtemps, ont fait la même chose. Que Paul St-Pierre Plamondon vienne faire de la petite politique avec la monarchie le jour du décès de la reine Élisabeth II, j’en reviens pas », a critiqué le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault.

Quelle place pour la monarchie ?

Paul St-Pierre Plamondon ne regrette pas d’avoir tenu ses propos, mais convient que cette « discussion légitime » sur la place de la monarchie au Canada et au Québec doit avoir lieu à un autre moment. « Ayons cette discussion-là, mais pas aujourd’hui », a-t-il dit, promettant d’y revenir au cours de la campagne.

Selon lui, malgré le legs majeur de la reine Élisabeth II, « on ne peut pas nier qu’elle représentait également une institution : la couronne britannique, qui a causé un préjudice important tant aux Québécois qu’aux Nations autochtones ». S’il avait été au pouvoir, il explique qu’un représentant du Québec aurait assisté aux funérailles de la reine et qu’il aurait expédié « une missive très claire sur le fait qu’on partage leur deuil et qu’on leur offre nos sympathies et notre respect », mais qu’il n’aurait pas mis le drapeau en berne.

François Legault pour sa part ne veut pas rouvrir des débats constitutionnels afin de remplacer le système politique canadien, une monarchie constitutionnelle, par une république. « Ce n’est pas dans nos priorités pour le prochain mandat », a dit le chef caquiste vendredi après avoir été signé le registre des condoléances au bureau du lieutenant-gouverneur à Québec.

La mort de la reine Élisabeth II pourrait rouvrir la question de la place de la monarchie au pays, selon des experts. Le constitutionnaliste et ex-ministre libéral Benoît Pelletier est d’ailleurs catégorique : « Le débat va s’imposer par lui-même », a-t-il dit à La Presse.

Mais changer le régime politique canadien nécessiterait de modifier la constitution du pays. Questionné si les Québécois avaient de l’appétit pour ce débat, François Legault a répondu que ce n’était à tout le moins pas un de ses engagements.