Un débat sur l’enjeu de la santé mentale a permis mercredi aux différents partis de faire part de leurs propositions afin de régler cet enjeu devenu criant dans la foulée de la pandémie. Le ministre sortant responsable du dossier, Lionel Carmant, a alors indiqué qu’il entendait hausser le salaire des psychologues dans le réseau public afin de freiner leur exode vers le privé.

Publié le 7 septembre
Vincent Larin
Vincent Larin La Presse

Rassemblés à la Maison du développement durable par la Coalition communautaire en santé mentale, les candidats ont été appelés à identifier deux actions concrètes qu’ils entendaient mettre en œuvre pour s’attaquer à cet enjeu.

S’il est reporté au pouvoir, le gouvernement Legault souhaite étendre le réseau des centres de crise tout en augmentant le salaire des psychologues afin de les maintenir dans le secteur public. Même si la liste d’attente pour avoir accès à un psychologue au public comptait toujours 20 998 noms en date du 13 août dernier, le ministre Lionel Carmant s’est défendu de n’avoir rien fait.

« Quand on est arrivé, premièrement, il n’y en avait pas de liste d’attente, parce que les guichets n’étaient pas centralisés. Chacun avait sa petite liste et on ne savait pas ce qui se passait […] », a-t-il rappelé.

L’infirmière clinicienne spécialisée et candidate libérale Byanca Jeune a rappelé l’engagement de sa cheffe Dominique Anglade de fournir un médecin de famille à tous les Québécois. Le parti souhaite également donner accès à un programme de psychothérapie à tous et activer un « plan d’urgence » dans les médias traditionnels afin de faire connaître à la population les moyens qui s’offrent à eux.

« C’est vraiment de faire la promotion des mesures positives, des mesures de prévention, et toutes les options qu’on peut offrir à la population en santé mentale », a-t-elle expliqué, en lien avec cette dernière proposition.

Les déterminants sociaux

À Québec solidaire, on souhaite plutôt se concentrer sur les « déterminants sociaux » tels la pauvreté, l’accès au logement et aux transports, par exemple. « Ce n’est pas une posture où la santé mentale égale trouble mental, mais vraiment en ce sens où tout le monde a une santé mentale et tout le monde a droit à ça », a expliqué la candidate et ancienne directrice régionale de santé publique, Mélissa Généreux.

Le parti mise également sur une hausse du budget consacré à la santé publique de l’ordre de 260 millions afin de la ramener à près de 5 % de la somme totale consacrée à la santé, une proportion atteinte dans la plupart des autres provinces, précise Mélissa Généreux.

Le Parti québécois souhaite de son côté augmenter le financement des organismes communautaires de 460 millions par année tout en s’assurant de retenir dans le réseau public les psychologues en ajustant l’écart salarial avec le privé et mettant en place un programme universel d’accès à la psychothérapie.

« On veut se centrer sur la reconnaissance de l’expertise de nos organismes communautaires en santé mentale. On parle non seulement de les financer adéquatement, mais de valoriser les belles expertises qu’on a dans le communautaire », a précisé la psychologue et candidate du PQ, Andrée-Anne Bouvette-Turcot.

À noter, le Parti conservateur du Québec (PCQ) d’Éric Duhaime n’était pas représenté à ce débat.

Abonnez-vous à notre infolettre Le bulletin électoral