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Publié le 12 juin
Nathalie Collard
Nathalie Collard La Presse

Pourquoi les résidants de l’île d’Anticosti n’ont-ils pas droit au crédit d’impôt pour les villages isolés ? Il s’agit d’un dossier vieux de 30 ans qui n’aboutit pas…

Michel Charlebois

Vous l’ignorez peut-être, mais les gens qui habitent un minimum de six mois consécutifs dans une région éloignée ont droit à un crédit d’impôt qui compense financièrement l’éloignement et le coût de la vie, souvent plus élevé dans les villages nordiques ou isolés couverts par cette mesure.

Dans sa lettre, Michel Charlebois souligne que les résidants de l’île d’Anticosti figurent sur la liste intermédiaire des villages éloignés, ce qui leur donne droit à un crédit d’impôt de 5,50 $ par jour plutôt que de 11 $ par jour pour les villages très éloignés.

Or des villages moins éloignés que l’île d’Anticosti – Natashquan, par exemple – ont droit à un crédit d’impôt de 11 $ par jour. « Sont-ils plus isolés que nous ? », se demande notre lecteur.

M. Charlebois a raison de s’impatienter. En effet, il y a longtemps que cette question a été soulevée auprès des autorités compétentes.

« S’il faut que la ministre des Finances du Canada m’accompagne sur le terrain pour constater l’isolement de l’île d’Anticosti, je serai plus qu’heureuse de m’y rendre avec elle », a d’ailleurs déclaré la députée bloquiste de Manicouagan, Marilène Gill.

Son bureau, à qui nous avons transmis la question de M. Charlebois, rappelle que la députée a été informée du problème en 2017 par des citoyens de l’île.

Avec son équipe, Mme Gill a d’abord entrepris des démarches auprès de l’Agence du revenu du Canada.

En 2019, après une série d’échanges qui n’a pas abouti, l’équipe de la députée a frappé à la porte du cabinet de la ministre du Revenu national afin de faire pression sur le ministère. De son côté, le collègue de Mme Gill et porte-parole en matière de Finances du Bloc québécois, Gabriel Ste-Marie, a abordé l’enjeu au Comité permanent des finances de la Chambre des communes. Encore une fois, aucun résultat.

Puis, au printemps dernier, le cabinet de la ministre du Revenu national a finalement informé la députée de Manicouagan qu’après analyse, le dossier relevait… du ministère des Finances du Canada.

L’équipe de la députée Marilène Gill est donc allée frapper au cabinet de la ministre des Finances. Réponse : l’analyse sera effectuée. Et depuis, c’est silence radio.

Nous avons nous aussi posé la question au ministère des Finances, qui nous a répondu que « le système de zones actuellement utilisé pour calculer les avantages fiscaux accordés aux résidants de régions nordiques avait été établi après un examen approfondi avec l’objectif d’aider les régions nordiques et isolées au Canada à attirer une main-d’œuvre qualifiée vers leur collectivité en tenant compte des coûts supplémentaires auxquels les résidants de ces régions sont confrontés ».

On ne précise toutefois pas pourquoi les résidents de l’île d’Anticosti n’ont pas droit au crédit d’impôt maximum.

« C’est une question qui devrait être simple à régler pour le ministère, souligne Mme Gill dans un courriel transmis par son bureau. […] Ça fait perdre de l’argent à nos communautés et du temps à ceux qui se battent depuis des années pour que nos gens soient traités de manière juste et équitable. »

Nous sommes d’accord avec elle.

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