La langue française évolue à une vitesse folle. Chaque semaine, notre conseillère linguistique décortique les mots et les expressions qui font les manchettes ou qui nous donnent du fil à retordre.

Publié le 30 janvier
Lucie Côté La Presse

L’expression « faire la maladie », qu’on a beaucoup lue et entendue dernièrement, suscite bien des interrogations.

Est-elle correcte ? Rien n’indique qu’elle soit fautive, en tout cas. On a trouvé dans des dictionnaires « faire une maladie », qui signifie simplement être atteint d’une maladie. Et aussi une citation de Simenon, que voici : « Elle n’avait eu ni les oreillons, ni la coqueluche, ni la varicelle, aucune des maladies infantiles que ses frères et sœurs avaient faites comme à la chaîne. »

Si on peut faire une maladie, pourquoi pas la maladie ? Dans le contexte, il est toujours clair que la maladie dont il s’agit est la COVID-19. À La Presse, soit dit en passant, on emploie le mot COVID au féminin. « Les sigles étrangers prennent généralement le genre qu’aurait en français le mot de base qui les compose. En vertu de cette règle, COVID‑19 est de genre féminin, car dans la forme longue du terme français, maladie à coronavirus 2019, le mot de base est maladie », explique l’Office québécois de la langue française. En France, le mot a d’abord été masculin, mais il a aujourd’hui les deux genres.

On écrit encore le sigle en majuscules, mais on passera sans doute un jour aux minuscules (c’est déjà le cas dans le Robert) et on écrira la covid, comme on écrit le sida.

Soulignons aussi que le fait de ne pas trouver ce qu’on cherche dans les dictionnaires ne signifie pas qu’un mot est fautif ou qu’une expression « n’existe pas ». Aucun ouvrage ne peut contenir tous les mots ou tous les emplois possibles d’un mot.

Bien sûr, on n’est pas obligé d’employer l’expression faire la maladie. Il est toujours possible de parler des personnes qui ont contracté la COVID-19, qui l’ont attrapée ou qui l’ont eue, par exemple.

Courrier

Des couvre-visage ou des couvre-visages ?

Comment écrit-on le nom couvre-visage au pluriel ?

Réponse

Le terme couvre-visage, qui a fait son apparition au sens de masque artisanal, désigne, selon la fiche que lui consacre le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française, une « pièce de tissu couvrant le nez et la bouche, destinée à bloquer les gouttelettes émises par son porteur lorsqu’il parle, tousse ou éternue, afin d’éviter la contamination de son environnement ». Ce « peut être un foulard, un bandana, une écharpe ou un masque non médical », précise la fiche.

Le nom s’écrira couvre-visages au pluriel, sur le modèle de couvre-chef (couvre-chefs) ou de couvre-nuque (couvre-nuques). Dans tous ces noms composés, comme couvre-feu, aussi, le mot couvre reste toujours invariable ; il s’agit de la forme verbale du verbe couvrir.

On peut par ailleurs employer les noms masque d’intervention, masque chirurgical ou masque médical (ce dernier serait un bon terme générique), pour remplacer le terme « masque de procédure » qui est un calque de l’anglais procedure mask. Il est préférable d’éviter ce terme puisque le nom procédure n’a pas en français le sens d’intervention chirurgicale qu’il a en anglais (surgical procedure).