Vous avez des questions sur nos éditoriaux ? Des interrogations sur les sujets chauds de l’actualité ? Chaque semaine, l’équipe éditoriale répond aux lecteurs de La Presse.

Philippe Mercure
Philippe Mercure La Presse

Q. « Votre éditorial sur le choix à faire entre la soirée électorale et le gala de l’ADISQ est pertinent. Mais ce qui nous a désolés davantage, mon conjoint et moi, est le fait que nous ayons à payer des frais additionnels pour syntoniser soit RDI, soit LCN pour suivre les élections. Nous trouvons insultant que notre télévision d’État – nommément Radio-Canada – nous force à nous abonner à un canal payant pour regarder les élections. Un débrouillage pour la soirée aurait été apprécié. »

Johanne Cloutier

R. Mme Cloutier, le faible taux de participation aux élections municipales (38,7 % dans l’ensemble du Québec) nous force à nous poser ce genre de question. Contrairement aux élections provinciales ou fédérales, ni Radio-Canada ni TVA n’interrompent leur programmation habituelle pour présenter des émissions spéciales lors des élections municipales. La nouvelle chaîne Noovo ne l’a pas fait non plus.

S’il n’y avait pas eu de gala de l’ADISQ, c’est donc Tout le monde en parle qui aurait été diffusé à la télé de Radio-Canada pendant qu’on dépouillait les votes dans l’ensemble du Québec. Sur les ondes de TVA, au moment où on se demandait qui, de Marie-Josée Savard ou de Bruno Marchand, allait rafler la mairie de Québec, c’est Révolution et L’île de l’amour qui étaient diffusés. À Noovo, c’était Occupation double.

Cela soulève clairement des questions.

Cela dit, il faut comprendre que les élections municipales ont une particularité. Contrairement aux scrutins provinciaux et fédéraux, ce ne sont pas tous les Québécois qui sont concernés par les mêmes courses. À Gaspé, par exemple, le maire Daniel Côté avait été réélu sans opposition avant même les élections. Des élections par acclamation ont ainsi eu lieu dans 540 municipalités québécoises. Certains de ces citoyens n’ont peut-être pas envie de voir les ondes monopolisées par des élections qui ne les concernent pas directement (même si plusieurs autres sont sans doute intéressés de savoir ce qui se passe ailleurs !).

À l’inverse, les citoyens de Montréal et Québec, par exemple, où des courses serrées s’annonçaient, ne pouvaient effectivement pas suivre les résultats à la télévision sans être abonnés à RDI ou à LCN.

Marc Pichette, premier directeur, promotion et relations publiques, à Radio-Canada, souligne qu’à la radio, sur ICI Première, pas moins de sept soirées électorales différentes étaient offertes aux citoyens selon les régions. Tous les résultats étaient aussi disponibles sur le site web de Radio-Canada par municipalités et même par secteurs ou arrondissements.

« C’est l’approche qui répond le mieux à une élection qui, par sa nature même, varie selon que l’on habite à Québec, Montréal, Matane, Gatineau ou Saint-Augustin-de-Desmaures », dit-il.

Un débrouillage de RDI et de LCN aurait-il dû être néanmoins offert ? Cela avait été fait au début de la pandémie pour « faciliter la circulation de l’information, cruciale et essentielle ». Compte tenu de l’importance des élections municipales et du fait qu’elles ne surviennent que tous les quatre ans, cette idée apparaît à la fois pertinente et raisonnable. Elle pourrait contribuer à contrer l’indifférence croissante qui entoure cet évènement et renforcer la démocratie.

On a quatre ans pour rectifier le tir.