André Duchesne LA PRESSE

Le cinéaste, producteur, scénariste et réalisateur Jean-Louis Tremblay prépare un documentaire qui invitera les spectateurs à une immersion totale dans l'industrie culturelle et la création.

Une trentaine d'artistes de tous les horizons participent à ce projet de film intitulé Show-Bizniss qui devrait sortir en février 2012. On y trouvera notamment Geneviève Borne, Maxim Martin, Marina Orsini, Bran Van 3000, Ricardo Trogi, Marie-Denise Pelletier, Vulgaires Machins et Chloé Sainte-Marie.

«Mon objectif est que les citoyens, lorsqu'ils auront vu le documentaire, ne voient plus jamais une oeuvre de la même façon, dit le réalisateur. Je veux qu'ils constatent à quel point il y a du travail derrière une oeuvre. Que ce soit pour faire un film, une toile, un spectacle, le processus créatif est long et difficile.»

Et le résultat parfois troublant lorsque les critiques s'expriment!

«Par exemple, je suis allé filmer le groupe Bran Van 3000 en studio alors que les musiciens créaient des pièces qui ne sont pas encore diffusées, dit M. Tremblay. J'ai accompagné des artistes dans les coulisses avant et après leur spectacle pour capter leurs réactions. Je m'intéresse à ce qui entoure une oeuvre.»

À travers le documentaire, on pourra aussi suivre la mise en forme du propre film de M. Tremblay. Présent depuis 10 ans dans le milieu, ce dernier voulait souligner cette décennie de travail avec un «projet significatif». S'investissant lui-même dans toutes les étapes de création de ses propres oeuvres, M. Tremblay préfère le terme anglophone filmaker pour qualifier son travail. Il a réalisé plusieurs longs métrages documentaires, des courts métrages et des vidéoclips (Boom Desjardins, Richard Petit, Around Joshua).

En 2006, son documentaire intitulé Star-Apoplexie questionnait les phénomènes de la téléréalité et de la concentration des médias. Lancé au Festival du nouveau cinéma, le film donnait la parole à Loco Locass, Claude Rajotte, Pierre Falardeau et Yves Lambert. «Mon nouveau film constitue une suite logique de ce que j'avais fait à l'époque», dit le cinéaste.

Le documentaire va aussi s'attarder au fait qu'en amont d'une oeuvre, les artistes travaillent souvent sans filet. Et sans revenu. Certains prennent des risques énormes, allant jusqu'à hypothéquer leur propriété.

Au cours de l'été, M. Tremblay a mis en boîte des dizaines et des dizaines d'heures d'entrevues avec des artistes, que ce soit dans les coulisses, dans leur studio de travail, à leur domicile, etc. Cela, afin d'être cohérent avec le propos de son film. Le documentaire Show-Bizniss aura une durée d'entre 90 et 105 minutes.