Suite de Menteur, grand succès d’Émile Gaudreault de 2019 avec plus de 6,2 millions de recettes, Menteuse met en vedette Anne-Élisabeth Bossé dans le rôle d’une femme qui voit ses mensonges devenir réalité, au grand dam de son chum, interprété par Antoine Bertrand. La Presse les a rencontrés à l’avant-dernier jour du tournage.

Au dernier tiers de Menteur, comédie fantaisiste écrite avec Éric K. Boulianne et Sébastien Ravary, Émile Gaudreault avait semé les graines pour une éventuelle suite. « C’était vraiment un accident parce qu’on avait une autre fin qu’on avait tournée. En montage et en projection publique, on s’est rendu compte que c’était un flash et que les gens décrochaient, qu’ils étaient fâchés de la fin », raconte le cinéaste rencontré à Longueuil jeudi après-midi.

« Je suis méfiant des flashs et comme je voulais que les gens aiment mon film, on l’a enlevé, poursuit-il. J’avais une grosse anxiété parce que je n’avais pas de oumpf à la fin. Dans une nuit d’insomnie, je me suis rappelé qu’on avait une menteuse et des moines au début du film. On a donc remonté des extraits qu’on n’avait pas pris et fait revenir Anne-Élisabeth pour tourner une nouvelle scène, qui est devenue la fin. »

Blonde de Phil Aubert (Antoine Bertrand), frère jumeau du menteur compulsif Simon (Louis-José Houde), Virginie Gauthier (Anne-Élisabeth Bossé) avouait avoir trompé Phil avec Sandra (Marie-Lise Pilote), avoir perdu puis gagné leur REER au poker, être braconnière et avoir un compte Instagram de lapins morts. Bref, sous ses dehors sages, Virginie cachait une double vie.

PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

Le réalisateur Émile Gaudreault lors du tournage de son film Menteuse

« La suite n’était pas prévue, mais elle s’est offerte par le hasard des choses, explique Émile Gaudreault. Si le film n’avait pas eu de succès, on se serait contentés du petit clin d’œil à la fin. Avec Érik et Sébastien, on s’est rapidement mis à écrire la suite. »

C’était le fun d’avoir une protagoniste féminine parce que ça nous a emmenés complètement ailleurs. Virginie ment pour rendre les gens heureux, par abnégation malsaine. C’est comme une Amélie Poulain un peu plus disjonctée.

Émile Gaudreault, réalisateur

PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

La comédienne Anne-Élisabeth Bossé

« Dans Menteur, il n’y avait pas vraiment de fil rouge dans ses mensonges, rappelle Anne-Élisabeth Bossé. Dans Menteuse, on repart un peu à neuf, il y a des trucs qu’on écarte. Ultimement, c’est le mensonge au féminin, bien que plusieurs hommes s’y reconnaîtront. Virginie ne ment pas pour exagérer ses prouesses ; elle est vraiment dans l’humilité. Elle ne supporte pas de dire quelque chose qui va rendre l’autre mal à l’aise, le blesser ; elle veut rassurer à outrance et elle cherche l’équilibre. C’est l’enfant d’un couple divorcé qui souffre du syndrome de la fille aînée. »

Si Menteuse permet d’explorer la psyché féminine, ce sont quand même trois hommes qui signent le scénario. « Catherine Léger, qui est un génie que je vénère, est toujours une lectrice dans tous mes films. Anne-Élisabeth, qui est brillante aussi, a suivi le processus depuis le début. Le personnage a été écrit pour elle, mais il y a également de moi là-dedans. Pour moi, les acteurs, ce sont aussi des collaborateurs. Avec Éric et Sébastien, on est capables de se projeter. Et puis, je suis gai, je connais ça, le féminin ! », se défend le réalisateur en riant.

« La quête du film, c’est de retrouver vraiment qui elle est et de supporter qu’elle n’a pas le contrôle sur ce qui se passe autour d’elle. Ça, ça me parle beaucoup et je suis très fière de ce qu’on raconte dans le film », résume la comédienne.

Une menteuse dans le multivers

Virginie vivra la même expérience que son beau-frère, c’est-à-dire que ses mensonges deviendront réalité dans un univers parallèle. Après avoir aidé son frère à sauver le monde, Phil devra cette fois sauver son couple.

PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

Le comédien Antoine Bertrand

« Phil, c’est le seul qui se rappelle qu’on a tous failli mourir à cause des mensonges de Simon, donc il est assez nerveux, dit Antoine Bertrand. En plus, il a découvert que sa blonde était une puissante menteuse, mais elle ignore tout ça. Il n’a donc pas envie que ça rebascule encore. Je trouve que dans Menteuse, le fil conducteur est plus fort en termes d’émotion, il y a plusieurs enjeux qui sont vrais à travers tout ça. »

Plutôt que de rétablir la vérité, Virginie s’enfonce dans le mensonge, ce qui a pour effet de créer un multivers où chaque nouveau mensonge affecte la personnalité des différents personnages, dont Phil et Chloé (Catherine Chabot), qui avaient précédemment guidé Simon dans la réalité parallèle.

« Avec un canevas comme ça, on peut aller n’importe où, avance l’acteur. Dans le premier film, Phil était le gars le plus malchanceux de la Terre, mais là, il y a un multivers où il est drama queen et dans un autre, ado attardé. Ce qui est bien, c’est qu’on n’a pas besoin de réexpliquer la convention, alors dès le début, boum ! on part dans l’action. »

  • Pierrette Robitaille devient Louison Hébert dans Menteuse.

    PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Pierrette Robitaille devient Louison Hébert dans Menteuse.

  • Rémy Girard s’ajoute à la distribution dans le rôle de Serge Gauthier.

    PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Rémy Girard s’ajoute à la distribution dans le rôle de Serge Gauthier.

  • Véronique Le Flaguais reprend le rôle de la mère de Phil.

    PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Véronique Le Flaguais reprend le rôle de la mère de Phil.

  • Catherine Chabot est de retour dans le rôle de Chloé.

    PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Catherine Chabot est de retour dans le rôle de Chloé.

1/4
  •  
  •  
  •  
  •  

Si Louis-José Houde a préféré passer son tour pour Menteuse, plusieurs acteurs sont de retour. Véronique Le Flaguais et Luc Senay reprennent les rôles de Claire et Georges Aubert, les parents de Phil, tandis que Didier Lucien revient dans la peau de Dominic Dufour, à qui Simon avait fait passer un mauvais quart d’heure. Parmi les nouveaux venus, mentionnons Pierrette Robitaille et Rémy Girard, qui jouent Louison Hébert et Serge Gauthier, parents de Virginie, ainsi que Monika Pilon, qui incarne Julie, sœur cadette de Virginie.

« Je me suis fabriqué une famille d’acteurs au fil des films. Je travaille vraiment avec des surdoués, des gens qui sont nés pour jouer de la comédie, qui sont profondément drôles et qui travaillent à fond la vérité. C’est un film très fantaisiste, mais avec eux, on y croit », conclut Émile Gaudreault.

Menteuse prendra l’affiche à l’été 2025. Menteur est offert sur Netflix, Crave, Cogeco, Telus, Boutique Cineplex, Apple TV et Prime Vidéo.

Une première version de ce texte indiquait que le film Menteur avait fait plus de 4 millions de recettes au box-office. C'est plus de 6,2 millions. Nos excuses.