André Duchesne LA PRESSE

Le 23 octobre, la comédienne Évelyne Brochu s'envolera pour la Jordanie et son prochain projet de film, Inch'Allah, de la cinéaste Anaïs Barbeau-Lavalette. Elle y interprétera Chloé, obstétricienne québécoise exerçant son métier dans un camp de réfugiés palestiniens en Cisjordanie. Des éléments qui constituent des «super clés», dit-elle pour composer ce personnage vivant dans... l'ultime.

Lancé, le mot revient à quelques reprises en entrevue. Récemment, Évelyne Brochu a demandé à la réalisatrice pourquoi Chloé avait choisi d'exercer dans cette région du monde. «Anaïs m'a répondu: «C'est quelqu'un qui cherche l'ultime»», dit-elle, visiblement émue par cette réponse.

Cet ultime se retrouve tout autant dans la profession et la clientèle du personnage que dans son lieu de pratique. «Chloé a choisi d'étudier la médecine. Elle se dévoue à de longues et intenses études. Elle choisit d'être obstétricienne, d'aider à donner la vie. Ce n'est pas naïf!», dit la comédienne rencontrée au moment des entrevues de presse destinées à la sortie de Café de Flore.

Dans ce film de Jean-Marc Vallée, elle interprète Rose, la nouvelle femme dans la vie d'Antoine (Kevin Parent), DJ montréalais qui vit mal sa séparation. Plus tôt cette année, elle interprétait Hélène Paradis, professeure du primaire dans Frisson des collines. Inch'Allah l'amènera dans un tout autre registre. «C'est très différent de ce que j'ai fait jusqu'à maintenant», reconnaît-elle.

Cet été, la comédienne a accompagné la réalisatrice et une partie de l'équipe de tournage pour des repérages et des auditions en Palestine et en Jordanie. Une étape importante, vitale. «Le fait de pouvoir plonger dans la sensation physique de ce qu'il en est d'être là, de voir ce que les gens racontent avec leurs yeux et leur âme, de comprendre ce qu'est cette sensation d'étouffement, et sentir en même temps cette quête de fierté, c'était nécessaire.»

Très au fait de la situation du Proche-Orient, Anaïs Barbeau-Lavalette a été le premier point de référence de la comédienne. Elle lui a par exemple recommandé de visionner certains documentaires tels Pour un seul de mes deux yeux d'Avi Mograbi et Soraida, une femme de Palestine de Tahani Rached (qu'on peut voir sur le site de l'ONF).

«Anaïs a étudié là-bas. Elle a fait de nombreux allers-retours depuis 10 ans. En plus, c'est quelqu'un qui communique super bien ce qu'elle sent, ce qu'elle a vécu, ce qu'elle comprend. Le tout dans une façon très sensible qui me touche beaucoup», expose la comédienne.

Avec un professeur, Mme Brochu a appris à dire plusieurs répliques en arabe palestinien. «Maintenant, je regarde des documentaires et je reconnais des mots. C'est trop cool!», lance-t-elle avec un grand sourire.

Le tournage d'Inch'Allah doit durer 35 jours. «Un beau plongeon», dit Évelyne Brochu qui, hormis un très court séjour à Paris pour Café de Flore, en sera à sa première expérience professionnelle à l'étranger. «Comme être humain, j'ai l'impression que ça va m'apporter beaucoup.»