Marqué par la récente déception de Solo, Disney veut ralentir le rythme des sorties des films siglés Star Wars, après avoir voulu en faire «trop» et «trop vite».

Mis à jour le 20 sept. 2018
Thomas URBAIN AGENCE FRANCE-PRESSE

Après avoir racheté pour quatre milliards de dollars en 2012 Lucasfilm, la société de production de George Lucas, créateur de Star Wars, Disney avait calé la série intergalactique sur un rythme quasi-industriel.

De six films en 38 ans, le rythme est passé à quatre en deux ans et demi, entre The Force Awakens, en décembre 2015, et Solo : A Star Wars Story, en mai 2018.

Le géant du divertissement entendait visiblement appliquer à sa franchise Star Wars la même recette que son autre vache à lait, Marvel, et ses 20 films en 10 ans.

«J'ai pris la décision de la cadence, et en y repensant, je pense que l'erreur que j'ai faite - c'est ma responsabilité - a été un peu trop, trop vite», a reconnu Bob Iger, PDG de The Walt Disney Company, dans un entretien au site spécialisé The Hollywood Reporter publié jeudi.

Même s'il a rapporté près de 400 millions de dollars dans le monde selon le site spécialisé Box Office Mojo, Solo, dont le budget est estimé à entre 250 et 275 millions de dollars, a été une déception.

Les recettes du film se situent sensiblement derrière les huit volets officiels de la saga, mais sont aussi largement devancées par Rogue One : A Star Wars Story (1,05 milliard de dollars) qui, tout comme Solo, est lié à l'univers Star Wars mais ne s'inscrit pas directement dans la série.

Par comparaison avec les chiffres faramineux de The Last Jedi, le huitième volet de la série officielle, sorti en décembre dernier et qui a raflé 1,33 milliard de dollars aux guichets, le parcours de Solo est un coup d'arrêt.

«Plus prudents» 

Le réalisateur J.J. Abrams, qui avait déjà mis en scène The Force Awakens (le 7e épisode), travaille actuellement à l'épisode 9 de la saga, dont la sortie est prévue en 2019.

Disney a déjà annoncé, en novembre 2017, qu'une nouvelle trilogie suivrait la troisième.

En février, le groupe a également révélé que de nouveaux longs métrages de l'univers Star Wars seraient réalisés par les créateurs de la télésérie à succès Game of Thrones.

L'intrigue sera à la fois séparée des aventures de Luke Skywalker et des dynasties de Jedi, au coeur de l'actuelle trilogie et de la nouvelle trilogie.

«Nous sommes à un stade où nous allons devoir prendre des décisions sur ce qui suivra (le film de) J.J.», a expliqué Bob Iger. «Mais je pense que nous allons être un peu plus prudents sur le volume et la cadence».

Pour Matthew Ball, ancien responsable de la stratégie d'Amazon Studios, l'échec relatif de Solo ne témoigne pas d'une «lassitude» du public vis-à-vis de Star Wars mais plutôt de «calendriers de production inutilement serrés», a-t-il tweeté jeudi.

Cette urgence nouvelle pourrait expliquer, selon lui, les remaniements opérés sur Rogue One et Solo, ce dernier ayant même changé de réalisateur en cours de route, affectant, au final, la cohérence de l'ensemble et la qualité du résultat.

Beaucoup déconseillent néanmoins de tirer des conclusions hâtives du sort de Solo, qui a pâti d'une sortie sans doute trop rapprochée de celle de Black Panther (mi-février) et surtout d'Avengers : Infinity War (fin avril), deux mastodontes qui ont vendu pour 2,38 milliards de dollars de billets dans le monde.

Contrairement aux autres films Star Wars, Solo a aussi souffert, dans une certaine mesure, de mauvaises critiques, mais aussi d'une campagne de promotion très courte.

Si Disney «est au niveau sur le plan de la qualité et du marketing», estimait l'analyste de Cowen, Doug Creutz, dans une note publiée en juin, l'épisode 9 «fera un bon parcours au box-office, dépassant probablement The Last Jedi».