Un tout nouveau cinéma qui présentera des films indépendants a ouvert ses portes, hier, à Montréal. Trois ans après un premier sondage pour tâter l'intérêt dans le milieu et plus de six mois après l'ouverture d'une page Facebook à son nom, le Cinéma Moderne a allumé ses projecteurs pour la première fois avec Estiu 1993 de Carla Simon et Borg vs. McEnroe de Janus Metz.

Mis à jour le 18 sept. 2018
ANDRÉ DUCHESNE LA PRESSE

Foi des fondateurs Roxanne Sayegh et Alexandre Domingue, la nouvelle salle de 54 places du 5150, boulevard Saint-Laurent sera ouverte tous les jours de l'année avec un calendrier non traditionnel de films indépendants projetés quelques fois par mois durant plusieurs mois.

«Vous pouvez imaginer l'émotion qui nous habite, dit Roxanne Sayegh, qui caresse ce projet depuis quelques années. Après mon expérience en festival [elle a été directrice des Rencontres internationales du documentaire de Montréal], ce projet me semblait la prochaine étape naturelle à franchir. J'avais envie de travailler sur un projet à l'année, d'accompagner des films au quotidien.»

«Un projet un peu fou»

Il y a un an, Mme Sayegh a fait la rencontre d'Alexandre Domingue, président-fondateur de la maison de postproduction et d'équipements cinématographiques Post-Moderne. Ensemble, ils ont échafaudé le projet de salle qui se trouve dans l'immeuble du 5150, boulevard Saint-Laurent, où Post-Moderne a une partie de ses studios. Le sous-sol et le rez-de-chaussée, autrefois occupé par un salon de bronzage, ont été rénovés pour accueillir la salle. Celle-ci sera dotée d'un projecteur laser 4K et d'un système de son Doly Atmos (pour Atmosphère) comptant une trentaine de haut-parleurs favorisant une impression d'immersion.

Les travaux nécessaires pour assurer une excellente acoustique ont d'ailleurs retardé l'ouverture de quelques mois.

«Oui, c'est un projet un peu fou», reconnaît Alexandre Domingue lorsque La Presse lui demande ses sources de motivation à une époque où le cinéma en salle est sérieusement remis en question. 

«Nous sommes des passionnés. Je côtoie des gens de cinéma, de vrais passionnés, tous les jours. Et j'aime la formule conviviale et festive que nous proposons.»

Les deux fondateurs affirment même, dans un communiqué, espérer que l'ouverture de leur salle marquera «le début d'une nouvelle vague de petits cinémas» à Montréal et dans ses environs.

«On sait qu'une nouvelle salle ouvre au Musée des beaux-arts de Montréal et nous trouvons ça très excitant, dit M. Domingue. D'ici deux ans, je crois que cinq autres petits cinémas de quartier pourraient ouvrir. Il y a de la place pour de tels petits cinémas.»

Programmation

La programmation sera nettement axée sur le cinéma indépendant, mais se distinguera aussi par sa durée, comme nous l'avons dit précédemment.

La première semaine compte 15 films différents projetés en 20 séances. On y verra en avant-première le nouveau film de Maxime Giroux La grande noirceurBlade Runner 2049 de Denis Villeneuve, The Green Fog de Guy Maddin ou encore le classique Vertigo d'Alfred Hitchcock.

La salle accueillera aussi des projections de festivals, dont la programmation des films pop du festival POP Montréal (du 26 au 30 septembre) et des événements spéciaux. On peut consulter la programmation à cinemamoderne.com.

Photo François Roy, La Presse

Roxanne Sayegh et Alexandre Domingue, fondateurs du Cinéma Moderne