Publié le 12 avr. 2008
Sonia Sarfati LA PRESSE

Pendant trois ans, Pierre-Yves Bernard et Claude Legault ont vécu en compagnie des personnages tourmentés de Minuit, le soir. Ils étaient à des années-lumière d'une certaine galaxie que, paradoxalement, ils n'ont jamais quittée totalement.

«La fin du premier film était ouverte, rappelle Claude Legault, mais il fallait laisser l'envie monter pour retourner dans cet univers», rappelle Claude Legault. «Il fallait aussi sentir que nous avions quelque chose de nouveau à dire, ajoute Pierre-Yves Bernard. Or, les événements des dernières années nous ont confirmé que, malheureusement, le thème environnemental restait à-propos.»

Et comment! D'ailleurs, lorsqu'ils se sont mis à explorer une certaine galaxie près de chez nous, en 1994, le réchauffement de la planète ne faisait pas les manchettes. «Sur cet aspect-là, on aurait espéré se tromper», admet Claude Legault.

Dans une galaxie près de chez vous 2 commence en 2040. Dans cet espace-temps, un an seulement s'est écoulé - alors qu'il en est passé quatre dans le nôtre, depuis le premier décollage du Romano Fafard vers le grand écran. Les troupes, qui cherchent inlassablement depuis plus de six ans une planète pouvant abriter 6 milliards de tatas, sont fatiguées. Veulent s'arrêter sur la première planète habitable à portée de «téléfaxion». Ils arrivent ainsi chez les Crêmeux et les Iraziens, qui peuplent deux astres voisins et ennemis. La main de l'homme n'a jamais mis le pied en ces lieux mais elle va se mettre les doigts dans un engrenage de situations aussi absurdes qu'hilarantes.

Envie et idée sont apparues pendant l'écriture de la troisième saison de Minuit, le soir. «Nous avions besoin de réveiller nos gênes de bouffons», reconnaît Claude Legault qui avait par contre encore pas mal d'heures à passer devant les caméras pour différents projets. D'un commun accord, Pierre-Yves Bernard a pris les devants dans l'écriture de Dans une galaxie près de chez vous 2. Il a décollé. Du Mach 4 minimum, car le film prendra l'affiche vendredi à peine 14 mois après qu'il en ait écrit la première ligne!

Il y a du miracle, là-dedans. Et pas qu'un!

D'abord, le scénario est passé au premier tour à la SODEC et à Téléfilm Canada. Donc, les sous étaient là.

Ensuite, alors qu'il n'était pas question pour quiconque de faire le film si les acteurs de la série n'étaient pas de la partie, les Guy Jodoin, Claude Legault, Sylvie Moreau, Stéphane Crête, Réal Bossé, Mélanie Maynard et Didier Lucien ont tout fait pour caser ce tournage dans des horaires déjà (sur)chargés. Ces étoiles filent en effet d'un plateau à un autre, d'une scène à un micro.

Bref, leur automne 2007 a été fou. Leur plaisir aussi. De se retrouver. De retrouver l'univers de Galaxie - « qui est un formidable espace de liberté «, note Réal Bossé - et leurs uniformes : « Surtout qu'on est tous rentrés dedans. Quatre ans plus tard, c'est pas rien! « pouffe Sylvie Moreau. Et le simple fait de l'enfiler, ce costume, leur a permis de «reconnecter» avec leur personnage.

Enfin, alors que le premier film possédait une texture différente de celle de la série - «Il le fallait et la réalisation de Claude Desrosiers a permis cela, de casser ce qu'on faisait au petit écran et nous amener au grand afin de prouver que nous ne faisions pas de la télé au cinéma «, explique Guy Jodoin - le désir était de revenir à l'esprit vu à la télé. La productrice Diane England a ainsi contacté le réalisateur Philippe Gagnon. Un grand fan de la série. Il a été emballé sur le coup. Un peu plus inquiet au moment «d'affronter» l'équipage du Romano Fafard.

«Après la première lecture, j'ai appelé Didier pour lui demander s'il pensait qu'on avait fait peur à Philippe. On est un peu épeurant, en gang», raconte Mélanie Maynard. Mais le réalisateur avait confiance en sa vision et en ses troupes: «J'arrivais avec des indications précises, ils me faisaient des propositions, je les écoutais car ils connaissent parfaitement leur personnage. Et puis, ce sont des bêtes de scène, des créateurs qui ne te demandent pas de réfléchir à leur place. Me restait à canaliser leur énergie créatrice et ils en ont beaucoup!» Mais, bon, il fallait un capitaine hors du cadre de la caméra. C'était lui.

«Il a pris sa place tranquillement parmi nous, raconte Claude Legault. Sans chausser de gros sabots. Il nous a dit que Galaxie, pour lui, c'était un peu comme un temple. Il a donc enlevé ses souliers et son chapeau et est venu s'asseoir sur le tapis, parmi les sept énergumènes que nous sommes. Il a fait ça pas comme un général mais comme un Jedi. « Dans ce cas, qu'ajouter sinon que la force soit avec eux!