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La grande invasion: trois questions à Martin Frigon

Dans La grande invasion, le cinéaste Martin Frigon... (Photo fournie par la production)

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Dans La grande invasion, le cinéaste Martin Frigon lève le voile sur le phénomène de l'urbanisation des villages des Laurentides. On y voit notamment le peintre René Derouin (ci-dessus) créant une immense murale, symbole de la résistance à la folie spéculative.

Photo fournie par la production

Quiconque s’intéresse à l’aménagement du territoire et à la construction résidentielle au Québec devrait aller voir le documentaire La grande invasion, présenté au Cinéma du Parc.

Le cinéaste Martin Frigon y lève le voile sur le phénomène fascinant de l’urbanisation des villages des Laurentides.

À Sainte-Agathe, l’installation de grandes surfaces en bordure de la route 117 s’est traduite par la fermeture de petits commerces et une flambée de la valeur foncière des maisons. Résultat : plusieurs villageois n’ont plus les moyens de payer l’impôt foncier.

Pendant ce temps, à Val-David, l’artiste René Derouin crée une immense murale pour le marché Metro. Sensible à la survie de son village, le commerçant Jacques Dufresne, propriétaire du Metro, refuse de déménager. Pour lui, l’installation de la murale est une façon de résister à la folie spéculative.

Martin Frigon répond à nos questions.

Pourquoi ce documentaire ?

J’ai toujours été préoccupé par l’avenir des régions dites ressources et le maldéveloppement. Ainsi, mes premiers films ont abordé la question des mines au Québec. À mon avis, les enjeux présentés ici ne sont pas relatifs qu’aux régions. Ils concernent l’ensemble du Québec. Dans ce contexte, je trouvais très intéressant d’assister à cette alliance entre un artiste et un homme d’affaires qui a une conscience. Ce n’est pas toujours le cas ! Je me suis aussi intéressé au sujet parce que le « clinquant » m’a toujours fatigué. À travers le film, je me demande si on va sacrifier la population locale sur l’autel de l’exploitation récréotouristique.

Dans le film, des gens témoignent du fait qu’ils n’ont plus les moyens de vivre dans leur village. Dans quel état d’esprit étaient-ils au moment où vous les avez rencontrés ?

Ces gens étaient sous le choc. Ils étaient profondément en colère devant ce qu’ils considèrent comme une injustice. Moi-même, qui vis dans un quartier de Montréal, je n’ai pas les moyens d’être propriétaire, ce que je trouve très choquant. C’est aussi pour cette raison que, dans le film, je parle de solutions qui peuvent être utilisées pour mettre la population à l’abri des mouvements spéculatifs.

Pourquoi ceux qui contestent ne prennent-ils pas le pouvoir ?

Il y en a. Dans le film, il y a les maires de deux petites municipalités qui tentent de freiner le développement sauvage. Mais ils sont deux dans une MRC de 22 municipalités. De plus, et c’est un constat qu’on ne peut nier, la croissance des villes et des villages passe par l’impôt foncier. C’est leur planche de salut. Même les maires de bonne volonté n’ont pas le choix d’ouvrir la porte du développement pour assurer des revenus décents.

La grande invasion sera présenté du 30 mars au 5 avril au Cinéma du Parc.




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