Présenté ce soir à Fantasia, le premier long métrage de David Paradis, Le nid, est lauréat du prix du meilleur film canadien au festival. Le cinéaste nous parle de ce suspense psychologique mettant en vedette Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant, qui forment un couple au bord de la crise de nerfs... et de la séparation.

Mario Cloutier LA PRESSE

Le nid est votre premier long métrage, mais vous êtes dans le « métier » depuis quelques années ?

J'ai fait beaucoup de pub, de montage pour des émissions de télé, du documentaire et des vidéos corporatives. J'ai eu cette idée, un monteur de film seul qui s'invente des histoires, il y a plusieurs années quand je faisais du montage dans un motel décrépit ressemblant à celui du film Psycho. Avec Bruno Maltais, on a fait plusieurs versions du scénario. L'idée du couple est venue après, pour créer une interaction.

Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant jouent des personnages ayant leur prénom, mais ils ne sont pas vraiment sympathiques. C'est un défi que vous vous êtes lancé ?

Je n'aime pas les personnages en noir et blanc au départ. On a essayé de leur donner le plus de dimensions possible. Isabelle est prise dans un petit écran et Pierre-Luc, dans un sous-sol glauque labyrinthique. Je trouvais le défi intéressant. Les huis clos me parlent beaucoup. Tenir en haleine le spectateur pendant une heure et demie représente un tour de force. On le réussit ou pas.

C'est aussi une histoire de couple, de relation entre un homme et une femme qui ne va pas bien ?

Le côté mise en abyme m'intéressait : un vrai couple [Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant] qui en joue un qui a un problème. L'angle couple a été utilisé à maintes reprises dans le cinéma québécois, mais je voulais aller voir ce qui arrive après qu'ils s'embrassent, quand ça se met à aller mal. Sa fin nous garde en contact avec la réalité des deux personnages dans un univers, par ailleurs, disjoncté.

Comment s'est passé le travail avec le duo d'acteurs, également créateurs, musiciens ?

Isabelle a eu trois jours de tournage et Pierre-Luc, quatorze. On formait une petite équipe qui travaillait dans un espace restreint, un sous-sol d'église. On interagissait. Les deux ont proposé des idées pour leur personnage. Je crois aussi qu'ils ont intégré des éléments de leur couple dans le jeu. Ce sont des thématiques universelles. Ils ont aussi donné des idées pour le montage du film.

Un premier film est toujours ardu à réaliser, comment a-t-il été financé ?

Le tournage était difficile. On l'a fait en continuité dans un endroit humide, chaud, qui ne sentait pas bon. Ça nous a placés au coeur de ce récit un peu claustrophobe. Et c'est complètement autofinancé. J'avais déposé d'autres projets aux institutions, mais je n'avais pas envie d'avoir d'autres refus. J'espère que Le nid me permettra d'en faire d'autres.

Le nid est présenté ce soir à Fantasia et prendra l'affiche le 31 août.