En 1974, pendant que Montréal se préparait pour les Jeux olympiques, Lisbonne se libérait d'un demi-siècle de dictature. C'est le sujet du roman de l'écrivain suisse Pascal Mercier adapté au cinéma par le Danois Bille August et mettant en vedette Jeremy Irons et Mélanie Laurent.

Nathalie Petrowski LA PRESSE

Train de nuit pour Lisbonne, présenté à Berlin hors concours, est un livre dans un film. Or, hier à la conférence de presse, tous les acteurs présents, y compris Jeremy Irons, avaient lu le livre de Pascal Mercier. Tous sauf la blonde Mélanie Laurent, nouvelle égérie du cinéma français et vedette du prochain film de Denis Villeneuve, An Ennemy.

Laurent, qui incarne une héroïne de la résistance portugaise des années 70, a eu la candeur d'avouer qu'elle n'avait pas lu le livre de Mercier, mais qu'elle avait fait sa propre recherche sur le passé fasciste du Portugal.

Et même si la jeune actrice, née en 1983 à Paris, n'a pas connu la torture ni la résistance, elle a tenu à rappeler qu'incarner une héroïne révolutionnaire est un petit acte de résistance artistique en soi.

Train de nuit pour Lisbonne est un film captivant et instructif sur une période occultée de l'histoire du Portugal. C'est aussi un commentaire sur notre empressement à investir le passé de romantisme pour mieux fuir le présent.

Ce que ce film prouve hors de tout doute, c'est que 24 ans après avoir remporté une Palme d'or et un Oscar pour Pelle le conquérant, Bille August sait encore raconter une histoire.

Idem pour Danis Tamovic, Oscar du meilleur film étranger en 2001 pour No Man's Land. Le cinéaste bosnien est de retour à la Berlinale avec Un épisode dans la vie d'un récupérateur de métal, un film de cinéma-vérité tourné avec une famille de Roms.

Inspiré de faits vécus, le film raconte l'épreuve traversée par Sedena, une Rom qui vit dans la pauvreté absolue avec son mari et ses deux petites filles. Alors qu'elle fait une fausse couche qui dégénère en septicémie, Sedena se heurte au système de santé bosnien qui refuse de la traiter parce qu'elle n'a ni argent ni assurance-maladie.

Tamovic dit avoir tourné ce film pour montrer à quel point depuis la fin de la guerre, la Bosnie est un désastre. Et n'en déplaise aux dirigeants bosniens, son film est très convaincant.