Au cours des années 1980, marquées en France par l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand, une femme venant d’être quittée par son mari tente de se reconstruire auprès de ses deux enfants adolescents, ainsi que d’une jeune désœuvrée qu’elle prend sous son aile.

Publié le 1er juillet
Marc-André Lussier
Marc-André Lussier La Presse

Le propos qu’on trouve dans Les passagers de la nuit est beaucoup plus intime que politique, mais le récit du nouveau long métrage de Mikhaël Hers (Amanda) commence néanmoins le 10 mai 1981, alors que la fête descend dans les rues de Paris pour souligner la victoire de François Mitterrand à la présidence et l’arrivée de la gauche au pouvoir.

Un film d’ambiances. Voilà ce qu’est avant tout cette chronique traversée de bout en bout par un spleen délicieux et une mélancolie réconfortante, même si cela peut paraître contradictoire de prime abord.

Dans cet opus dont le scénario est coécrit par Maud Ameline, qui avait aussi collaboré au scénario d’Amanda, le récit est divisé en trois chapitres, l’intrigue se déroulant en 1981, en 1984 et en 1988. Charlotte Gainsbourg incarne Élisabeth, une femme devant vivre une peine difficile à surmonter après une rupture. Cette dernière se retrouve à diriger seule une maisonnée comptant deux adolescents (Quito Rayon-Richter et Megan Northam).

Les ressources financières n’étant pas glorieuses, Élisabeth tente de regagner le marché du travail et se dirige d’abord vers une animatrice de radio de nuit (Emmanuelle Béart) à qui elle a écrit. Cette rencontre amorce une espèce de tournant, dans la mesure où, embauchée pour accueillir les appels des auditeurs, elle décide spontanément d’offrir un refuge à une jeune sans-abri (Noée Abita) venue se confier au micro de l’animatrice.

Cela dit, ce ne sont pas tant les détails de l’intrigue qui captivent, mais plutôt la manière qu’a Mikhaël Hers de les raconter, tout en douceur. Il évoque aussi une espèce de chaleur dans les relations familiales, belle à voir, qui tranche nettement avec les illustrations attendues de situations de crise. On y sent également une volonté manifeste de s’éloigner des clichés, notamment avec ce personnage d’adolescente rebelle ayant fui un milieu difficile. Charlotte Gainsbourg irradie ce film où l’état d’esprit des années 1980 est également bien évoqué, sans recourir aux évidences.

Lancé plus tôt cette année au festival de Berlin, pendant lequel une première version de ce texte a été publiée, Les passagers de la nuit est actuellement à l’affiche.

Les passagers de la nuit

Chronique

Les passagers de la nuit

Mikhaël Hers

Avec Charlotte Gainsbourg, Noée Abita, Emmanuelle Béart

1 h 51
En salle

½

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