En vacances en Égypte, le détective Hercule Poirot rejoint un groupe d’aristocrates partant en croisière sur le Nil, dont la belle héritière Linnet Ridgeway (Gal Gadot) et son nouveau mari Simon Doyle (Armie Hammer) « volé » à sa meilleure amie Jacqueline (Emma Mackey). Mais il y a des meurtres à bord et Poirot reprend du service.

Publié le 11 février
André Duchesne
André Duchesne La Presse

En 2017, nous sommes ressortis d’une projection du film Le crime de l’Orient-Express de Kenneth Branagh avec une impression d’avoir vu un travail inachevé, inabouti. Le même sentiment nous habite avec cette nouvelle version de Mort sur le Nil inspiré du roman d’Agatha Christie autant adapté au cinéma qu’à la télé et en jeu vidéo.

Ce n’est pas que c’est mauvais. Au contraire, la première moitié du film est émaillée de charmantes scènes à grand déploiement. Chargées, émouvantes, étourdissantes, elles nous rappellent combien le cinéma est un art qui se vit en salle, sur grand écran.

Malheureusement, dans la seconde moitié, le film bascule (forcément) dans un quasi-huis clos convenu, ennuyeux et mal ficelé à bord du navire SSKarnak où Poirot reprend du service alors que les morts violentes s’additionnent. L’intrigue ayant mis du temps à se mettre en place, le dénouement est précipité et décevant.

Évidemment, on ne peut pas changer les méthodes d’enquête de ce cher Poirot à la fois stoïque, observateur, réfléchi et ayant quelques sympathiques TOC. Mais cela donne des passages avec peu d’épaisseur.

Ironiquement, la meilleure scène du film est la toute première qui, campée en pleine Première Guerre mondiale, rappelle beaucoup les premières minutes du long métrage 1917 de Sam Mendes. Juste après, l’introduction des personnages principaux, à l’occasion d’une soirée dansante à Londres en 1937, est tout aussi vivifiante, spectaculaire, vitaminée.

À cet excellent départ succède une série de plans en forme de cartes postales aux somptueux décors égyptiens dans lesquelles sont saupoudrés plusieurs acteurs de renom (Annette Bening, Tom Bateman, Jennifer Saunders) dans des rôles pas toujours à leur mesure.

A-t-on voulu en faire trop ? Probablement. Le résultat ? Inégal. À classer dans les bons divertissements à voir en salle, ce Death on the Nile ne passera probablement pas à l’histoire.

Présenté en salle en version anglaise et doublée en français

Death on the Nile (V. F. : Mort sur le Nil)

THRILLER

Death on the Nile (V. F. : Mort sur le Nil)

Kenneth Branagh

Avec Kenneth Branagh, Gal Gadot, Emma Mackey

2 h 07

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