En 1992, des discussions secrètes, organisées par un couple de diplomates norvégiens, réunissent des ennemis jurés, Israéliens et Palestiniens, pour tenter de trouver un terrain d’entente en vue d’un possible traité de paix. Ces difficiles négociations ont abouti sur les accords d’Oslo.

Marc-André Lussier
Marc-André Lussier La Presse

À part la distribution, l’équipe de création derrière cette adaptation cinématographique est la même que celle du spectacle ayant obtenu en 2017 le Tony Award de la meilleure pièce de l’année à Broadway. Non seulement le dramaturge J. T. Rogers a-t-il écrit lui-même le scénario de cette adaptation, mais son metteur en scène Bartlett Sher, vétéran du monde du théâtre et de l’opéra, passe aussi derrière la caméra pour l’occasion. Une première dans son cas.

Né de conversations entre l’auteur et le diplomate norvégien Terje Rød-Larsen, Oslo relate les dessous d’une négociation secrète que personne n’aurait cru possible, pas même ceux qui étaient directement impliqués. Orchestrée en terrain neutre à l’initiative du couple que forment Rød-Larsen (Andrew Scott) et Mona Juul (Ruth Wilson), elle aussi diplomate, cette rencontre clandestine entre les représentants de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et le gouvernement israélien était d’autant plus inimaginable qu’à l’époque, il était même illégal pour les politiciens des deux camps d’interagir directement entre eux.

Les premières minutes d’Oslo, film pour lequel Steven Spielberg agit à titre de producteur délégué, annoncent une approche plutôt hollywoodienne de l’affaire et le caractère sirupeux de la trame musicale laisse d’abord croire en ce sens. En plongeant le spectateur au cœur d’un conflit insoluble à travers lequel les parties ne peuvent au départ voir en l’ennemi rien d’humain, le récit devient pourtant vite passionnant. La toute première rencontre entre deux individus issus des deux camps, qui ne s’étaient jamais vus d’aussi près, constitue l’un des moments dramatiques d’un récit qui en comptera beaucoup au fil de son évolution.

À la lumière des évènements actuels, Oslo revêt d’ailleurs un caractère encore plus poignant. L’espoir qu’avait fait naître la poignée de main historique entre Yasser Arafat, président de l’OLP, et Yitzhak Rabin, premier ministre d’Israël, sous le regard du président des États-Unis Bill Clinton dans la roseraie de la Maison-Blanche, a été de très courte durée. Mais ce long métrage, qui ne va pas au-delà de ce chapitre de l’histoire, nous rappelle que même dans les pires circonstances, il est parfois possible de rêver l’impossible rêve, aussi bref soit-il.

En exclusivité sur Crave/HBO le 29 mai, sur Crave en français le 24 juin

Oslo

Drame historique

Oslo

Bartlett Sher

Avec Ruth Wilson, Andrew Scott, Jeff Wilbusch

1 h 58

½