La vie parfaitement normale d’Alice, une Parisienne au visage angélique, bascule le jour où elle découvre que son mari François a dilapidé les biens de sa famille dans des visites à des prostituées de luxe. À l’aide de son amie Lisa, Alice va tenter de remettre sa vie sur les rails.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Primé l’an dernier au festival South by Southwest, Alice est un jeu de miroirs subtil dans lequel le personnage principal, incarné avec brio par Emilie Piponnier, se retrouve dans un duel avec son mari François, qui refuse toute responsabilité face à ses décisions pourtant lourdes de conséquences.

François a trompé Alice avec des escortes de luxe ? Elle devient escorte de luxe pour sauver sa maison. François exerce une forte pression psychologique sur elle ? Alice utilisera l’ego de son mari pour lui tendre un piège. François laisse Alice sans réponse à ses questions ? Alice va…

Un peu inégal dans son ton – des scènes qui font peine à voir succèdent à des moments presque burlesques –, le film demeure une descente aux enfers conjugale convaincante, mâtinée de blessures, de sentiments de rejet et de peur.

IMAGE FOURNIE PAR MONUMENT 

Affiche du film Alice, de Josephine Mackerras

Comme la réalisatrice filme ses personnages de près, les sentiments de chacun d’eux atteignent le spectateur en plein cœur. Ici, le travail d’Emilie Piponnier est sans failles. On aime aussi beaucoup le personnage secondaire de Lisa, qui aurait pu être creusé juste un peu plus.

Poignant et frôlant parfois le thriller, le film est néanmoins lesté d’un scénario beaucoup trop prévisible. Plusieurs séquences sont assez faciles à deviner, comme les maladresses d’Alice lors de sa première soirée comme escorte.

Et le film ne casse rien dans son esthétique. C’est essentiellement une œuvre de personnages.

Alice est offert sur la plateforme du Cinéma du Parc.

★★★

Drame. Alice de Josephine Mackerras. Avec Emilie Piponnier, Martin Swabey et Chloé Boreham. 1h45