Dans les années 80, un ancien courtier, devenu un entrepreneur ambitieux, convainc sa femme américaine et leurs deux enfants de quitter le confort d’une banlieue cossue de New York pour aller s’installer en Angleterre, son pays d’origine, à la faveur d’une nouvelle occasion professionnelle.

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Les drames conjugaux inspireront toujours de bonnes histoires, en ce qu’ils permettent à ceux qui les écrivent d’explorer des zones d’ombre enfouies au plus creux de l’âme humaine. Comment deux êtres s’étant aimés passionnément peuvent-ils en venir à atteindre parfois un niveau insoupçonnable de cruauté mentale l’un envers l’autre ?

Neuf ans après Martha Marcy May Marlene, qui lui avait valu le prix de la mise en scène au festival de Sundance, Sean Durkin refait enfin surface. The Nest, son deuxième long métrage, décrit une relation de couple, pourtant harmonieuse au départ, qui commence à glisser le jour où une demi-vérité s’immisce subrepticement dans le dialogue entre les deux conjoints. Il est vrai que Rory (Jude Law), d’origine britannique, en demande beaucoup à sa conjointe Allison (Carrie Coon), ainsi qu’à leurs deux enfants, qui ont toujours vécu en Amérique.

Le point de bascule survient très rapidement quand, une fois la famille réinstallée en Angleterre, Allison apprend, lors d’une soirée mondaine organisée en l’honneur de son mari, que la raison pour laquelle ce dernier a entraîné les siens dans son pays d’origine n’est pas vraiment celle qu’il lui avait donnée. Le plan de ce courtier très ambitieux ne se déploie pas tout à fait comme prévu non plus.

À partir de ce moment, le doute s’installe. Le cinéaste illustre avec beaucoup de doigté comment une relation peut progressivement s’étioler. De surcroît, les différences culturelles et le nouveau milieu de vie deviennent aussi prétexte à division, d’autant que les enfants ont du mal à s’adapter.

Porté par de magnifiques performances de Carrie Coon et Jude Law, ce film, dont la trame musicale a été composée par Richard Reed Parry, d’Arcade Fire, se distingue grâce à sa progression dramatique et à ses qualités artistiques.

IMAGE FOURNIE PAR ENTRACT FILMS

The Nest , de Sean Durkin

Présenté en primeur au festival de Sundance plus tôt cette année, The Nest (Leur nid en version française) a récemment obtenu trois prix au festival de Deauville, dont celui attribué au meilleur film.

★★★½

The Nest (V. F. : Leur nid). Drame de Sean Durkin. Avec Jude Law, Carrie Coon, Anne Reid. 1 h 47.

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