Dans un village abandonné de la Macédoine du Nord, une femme s’occupe de sa vieille mère tout en récoltant le miel de ses abeilles. Sa vie bascule le jour où un autre apiculteur et sa turbulente famille s’installent à proximité de sa cabane.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Hatidze ne possède rien, sinon ses abeilles, mais elle vit en paix. Soudain, le capitalisme sauvage s’installe à deux pas de chez elle. 

Le capitalisme dans le sens que le plus fort l’emporte. Comme ici, lorsque les abeilles de Mustafa font la vie dure à celles d’Hatidze. Le spectateur, aussi impuissant que cette femme courageuse, assistera à leur extermination.

Hatidze avait vu venir le drame. Il faut voir sa tête, au-dessus de son muret de pierres, lorsque les nouveaux venus déposent leurs pénates à quelques mètres de son lopin, dans un plan-séquence mémorable.

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, Hatidze essaie de cultiver l’amitié des voisins, amuse les enfants, sourit de ses dents croches et pourries.

IMAGE FOURNIE PAR MK2 MILE END

Honeyland, de Tamara Kotevska et Ljubomir Stefanov

En dépit du côté très âpre de l’histoire, ce film, lancé à Sundance où il a fait le plein de prix, est une splendeur.

Splendeur dans sa narration, mais aussi, sinon plus, dans sa photographie et sa direction artistique. Un des premiers plans, dans lequel l’apicultrice visite une de ses ruches à flanc de colline, est à couper le souffle. Tout comme ces séquences filmées de nuit dans sa bicoque éclairée à la chandelle. On dirait des tableaux sortis des XIVe et XVe siècles.

On ne peut que souligner l’audace du distributeur MK2 Mile End de nous proposer cette perle d’humanité, ce film d’art, à voir sans faute sur grand écran.

★★★★

Honeyland. Documentaire de Tamara Kotevska et Ljubomir Stefanov. Avec Hatidze Muratova, Nazife Muratova et Hussein Sam. 1 h 30.

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