Depuis de nombreuses années, les studios d’Hollywood se plaisent à exploiter de vieilles recettes, assaisonnant différemment des mets éprouvés. Men in Black : International s’inscrit dans cette lignée. Tout y est plus gros, plus élaboré et plus puissant que dans les films originaux de la trilogie Men in Black : les voitures, les armes, les lieux, les effets spéciaux, les méchants extraterrestres. Cela aurait été bien si l’histoire, elle aussi, avait été plus étoffée.

Danielle Bonneau Danielle Bonneau
La Presse

L’univers des hommes de noir vêtus a évolué depuis le lancement du tout premier film, en 1997, inspiré des bandes dessinées de Malibu Comics. Will Smith et Tommy Lee Jones, les agents J et K, ont contribué au succès de la franchise. Diamétralement opposés, ils ont fait de nouveau équipe en 2002 et en 2012, veillant à contrôler les extraterrestres présents principalement à New York, au sein de l’organisation ultrasecrète MIB.

Dans la nouvelle mouture, les éléments classiques des premiers films sont évidemment exploités. Les agents portent toujours un complet noir pour mieux préserver leur anonymat. Ils ont bien sûr recours à un neurolaser pour effacer tout souvenir d’un quelconque évènement provoqué par des créatures venues d’autres planètes. Ils se protègent aussi à l’aide des indispensables lunettes noires lorsque vient le temps d’activer l’engin agissant sur la mémoire.

Signe des temps, l’organisation MIB a pris du coffre, elle possède des antennes dans le monde entier et a une femme, l’agent O (Emma Thompson), à sa tête.

Le nouveau duo qui prend les rênes de l’action, de son côté, est mixte. L’agent M (Tessa Thompson) est obsédée par les extraterrestres depuis qu’elle a vu une drôle de bête dans sa chambre et de mystérieux agents habillés en noir, quand elle était jeune. Sa ténacité la mène à découvrir où sont cachés les bureaux de MIB à New York et à être engagée.

PHOTO FOURNIE PAR COLUMBIA PICTURES

Affiche du film Men in Black : International

En période d’essai, elle est envoyée à Londres, où elle est d’abord impressionnée par le bel agent H (Chris Hemsworth), un séducteur qui surfe sur sa réputation depuis qu’il a sauvé le monde, quelques années auparavant. Ils sont appelés à travailler en équipe, elle l’affronte et l’amène à retrouver ses réflexes d’enquêteur pour combattre des forces extérieures d’une puissance inégalée.

Tessa Thompson et Chris Hemsworth avaient déjà collaboré dans Thor : Ragnarok et dans Avengers : Endgame. Ils en avaient mis plein la vue avec leurs prouesses physiques. Ils ont des atomes crochus, c’est indéniable.

Or, leur terrain de jeu dans Men in Black : International est plus limité. Ils manient davantage les armes (plus impressionnantes les unes que les autres) et s’amusent à conduire des bolides filant à vive allure. Les allusions aux armes et aux voitures des films précédents font partie du charme du film, mais on en aurait voulu davantage de la part du couple, qui a déjà montré son savoir-faire.

La trilogie Men in Black mariait habilement la science-fiction et la comédie. Le réalisateur F. Gary Gray (The Fate of the Furious, Friday, Straight Outta Compton) a continué dans la même veine. Le petit extraterrestre Pawny, le dernier de sa race, qui prend l’agent M pour sa nouvelle reine et lui jure fidélité, est hilarant. Sa façon de lire les pensées de la jeune femme et de dire ce qu’elle pense sans filtre à son coéquipier détend l’atmosphère entre les scènes parfois violentes.

Men in Black : International nous entraîne dans un monde familier, rehaussé par les avancées technologiques. C’est divertissant, mais on s’attendait à un peu plus.

★★★ Men in Black : International. Science-fiction de F. Gary Gray. Avec Chris Hemsworth, Tessa Thompson, Emma Thompson. 1 h 54.

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