L'histoire: À l'orée de la cinquantaine, une femme divorcée, mère d'un enfant, cherche l'amour, le vrai.

Publié le 15 juin 2018
Marc-André Lussier LA PRESSE

Le nouveau film de Claire Denis fait partie de ces oeuvres qui peuvent autant séduire qu'exaspérer. La cinéaste, qui a toujours affiché un style très affirmé avec des films comme Beau travail ou White Material, décrit cette fois la quête amoureuse d'une artiste peintre très courtisée, mais qui, à l'arrivée, se retrouve toujours désespérément seule.

L'entrée en matière est constituée d'une scène de lit pendant laquelle Isabelle (Juliette Binoche) exprime son impatience envers un amant (Xavier Beauvois) qui met un trop long moment avant d'exulter. Le ton est alors tout de suite donné. Le discours sera souvent pimenté de dérision, même si, parfois, le drame sentimental que vit Isabelle est bien réel.

Dans ce film coécrit avec l'écrivaine Christine Angot, on parle aussi beaucoup. Les dialogues se révèlent souvent brillants, et peuvent souvent tendre un piège à certains personnages afin de les faire trébucher sur leurs propres contradictions.

La forme est également inhabituelle. Plutôt que de raconter l'histoire de façon linéaire. Claire Denis opte pour des instantanés, passant d'une relation à l'autre, sans que la vie «extérieure» intervienne. 

Et puis, il y a cette dernière scène, grandiose, où Isabelle vient consulter un voyant incarné par... Gérard Depardieu. Ne serait-ce que pour cette séquence, d'une durée de 16 minutes, Un beau soleil intérieur mérite le détour, d'autant que Juliette Binoche, qui fut citée aux Césars dans la catégorie de la meilleure actrice grâce à ce rôle, module sa partition à la perfection. Elle donne de la chair à un exercice qui, sinon, aurait pu paraître vain.

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Un beau soleil intérieur. Comédie dramatique de Claire Denis. Avec Juliette Binoche, Xavier Beauvois, Nicolas Duvauchelle. 1 h 34.

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PHOTO FOURNIE PAR MÉTROPOLE FILMS