La chute de Sparte: comment survivre à l'adolescence ***1/2

Depuis Les 400 coups de François Truffaut, l'adolescence au cinéma a... (Photo fournie par Filmoption international)

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Depuis Les 400 coups de François Truffaut, l'adolescence au cinéma a souvent été traitée comme une initiation douloureuse à la désillusion qui se termine au mieux avec une fin ouverte, au pire avec une tragédie. Pourtant, dans la vraie vie, les adolescents ne sont pas tous des victimes d'intimidation ou d'homophobie ni des candidats au suicide.

Et même quand ils font face à ces grandes épreuves, la plupart réussissent à s'en sortir sans trop de séquelles. C'est en gros ce qui arrive à Steeve Simard, interprété avec une belle justesse par Lévi Doré, dans le rôle d'un ado de Saint-Lambert en révolte contre un milieu familial bourgeois et aseptisé dont il s'échappe grâce à la littérature et aux poèmes de Gaston Miron.

Adapté pour le cinéma du roman jeunesse de Sébastien Fréchette, alias Biz, réalisé par l'ex-comédien Tristan Dubois, La chute de Sparte ressemble parfois au 1:54 de Yan England tout en y étant diamétralement opposé. La vie dans une polyvalente y est évoquée avec ses écueils et ses drames, mais c'est le ton qui fait la différence. Le ton, ici, est acide, ironique, cinglant et parfois furieusement drôle. Et le propos qui le sous-tend, divertissant, tout en nous servant une critique féroce de la société, du confort somnolent de ses banlieues, de ses usines à diplômes et de son inculture crasse et généralisée.

L'autre grande différence avec ce film, c'est la mise en images du réalisateur Tristan Dubois. Sous une influence américaine certaine, il nous offre des couleurs éclatantes et des plans et plongées sur la désolation de la banlieue à couper le souffle, avant de nous catapulter dans la Grèce antique où des Spartiates armés et casqués s'avancent sur le terrain de football de la polyvalente Gaston-Miron avec la ferme intention de réduire leurs adversaires en bouillie.

L'humour, les références littéraires, le rap qui rythme le montage, l'entrée par effraction de la Grèce antique dans le Québec d'aujourd'hui, la belle diversité des jeunes acteurs comme Jonathan St-Armand dans le rôle de Virgile, le meilleur ami de Steeve, ou de Lili-Anne De Francesco qui interprète la belle Véronique, tout cela contribue à faire de La chute de Sparte un film attachant, jamais ennuyeux et, bien que les adultes n'y aient pas toujours le beau rôle, parfaitement intergénérationnel.

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Le film n'est pas sans failles pour autant et trébuche à un moment très précis qu'on ne révélera pas pour ne pas tuer le punch. C'est l'épisode le plus dramatique de l'histoire. Mal scénarisé, il arrive comme un cheveu sur la soupe et tourne court avant d'ouvrir la voie à une série de scènes clichées tirées tout droit d'un film américain. Il reste que dans cet enchaînement un peu trop larmoyant, il y a une scène extraordinairement rafraîchissante dont on ne peut rien dire sinon qu'elle illustre la tolérance mieux que n'importe quel grand discours.

Qu'on ait lu ou non La chute de Sparte, qu'on soit un ado révolté de 17 ans ou un adulte qui s'ennuie de son adolescence ou aux prises avec un jeune troglodyte taciturne terré dans le sous-sol familial, ce film comporte assez d'éléments réjouissants pour plaire à tout le monde et, surtout, pour nous convaincre qu'on ne meurt pas de son adolescence. Parfois même, on en sort grandi.

* * * 1/2

La chute de Sparte. Drame de Tristan Dubois. Avec Lévi Doré, Jonathan St-Armand, Lili-Ann De Francesco. 1 h 22.

> Consultez l'horaire du film




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