Aleksi K. Lepage LA PRESSE

Tiré par les cheveux jusqu'à ce que la «moumoute» ne tienne plus, Eagle Eye cache sous sa grosse perruque de «film d'action non-stop» un beau morceau de pure propagande américaine.

Qu'à cela ne tienne, on est là pour s'amuser, et la subtilité très relative du message patriotique ajoute au plaisir (très) coupable que procure cette énorme baudruche de D.J. Caruso.

Voici les grandes lignes: Jerry, un jeune Américain sans histoire (Shia LaBeouf) devient la cible à la fois des agents du FBI, qui le prennent pour un terroriste, et d'une obscure organisation, laquelle, par téléphone cellulaire, lui dicte chacune des marches à suivre sous la menace d'une mort certaine et immédiate. On apprendra petit à petit que Jerry est, bien malgré lui, impliqué dans une sombre affaire technologique et militaire qui met en péril l'ordre mondial, donc évidemment la vie du président des États-Unis.

Au programme: deux heures de courses-poursuites effrénées, de jeux de cache-cache, de fusillades et d'explosions assourdissantes, tout cela monté en mode épileptique. 

Eagle Eye prend l'affiche au moment idéal, en pleine campagne électorale américaine, à l'aube d'une catastrophe économique et à l'apogée de cette morbide paranoïa collective qui génère tant d'extravagantes «théories du complot». Débile et délirant.