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Christian de la Cortina : plus haut, plus fort, plus vite

Transit, son premier long métrage, met en scène des bagnoles rutilantes,... (Martin Chamberland)

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Martin Chamberland

Transit, son premier long métrage, met en scène des bagnoles rutilantes, des courses poursuites dans les ruelles, des flics et des trafiquants. Un film à l'américaine? Christian de la Cortina, réalisateur, scénariste et acteur dans le film, s'en défend bien, à la veille de la présentation de son film au Festival du film de Tremblant.

Transit est un long métrage payé de la poche de ses producteurs (Cortina et l'un de ses amis, Frank Baylis) 75 000$. «C'est 2% d'un vrai budget», estime Christian de la Cortina. C'est peu, mais il fallait plus qu'une vulgaire histoire de sous pour freiner les ambitions du tandem.

«On a travaillé pendant au moins deux ans pour que le scénario soit solide», dit Christian de la Cortina. On pourrait croire que les deux amis ont ensuite frappé aux portes des maisons de production: que nenni! Pressentant des complications, ils se sont consacrés à leur film et ont décidé de marier glamour et cinéma indépendant.

«On a toujours poussé pour l'excellence: on voulait faire le plus grand film indépendant», dit-il. Il admet: «On a visé un peu haut.» À l'écran pourtant, les images de Transit n'ont pas à rougir face à celles de productions de films québécois à gros budget.

Né d'un court métrage présenté au FFM en 2005 (Carjacking), Transit se veut un polar, jouant avec les codes du genre (drogue, flingues, parrains et flics), tout en se jouant des attentes manichéennes du spectateur (les méchants ne perdent pas toujours.)

«Le film reflète la zone grise de la vie. Il y a toujours des méchants et des bons, mais il faut être réaliste: tout le monde a ses parts d'ombre. Il faut surprendre les gens», croit Christian de la Cortina.

Âgé de 29 ans, il aime les Scorsese et ne rechigne pas à voir un Michael Mann. Fils d'immigrés chiliens, marié à une Colombienne, ce jeune homme des Cantons-de-l'Est admire aussi Almodovar ou le Maria Full of Grace de Joshua Marston. Sans oublier Inarritu, le réalisateur mexicain invité depuis Amores Perros à travailler pour la «Babel» moderne, Hollywood.

«J'aime quand même bien les films avec des drames sociaux», dit-il. La réalité sociale derrière les trafics mondiaux de voitures de luxe de Transit peut laisser sceptique. Le réalisateur répond: «Montréal est la ville où on vole le plus d'autos au Canada! Il y en a une de volée toutes les 12 minutes!»

C'est peut-être son premier film, produit en toute indépendance, mais Christian de la Cortina est quelqu'un à qui on ne la fait pas. Une fois faite la démonstration de ses talents, il espère trouver du financement pour ses projets. «C'est comme aller voir une super belle fille: tu sais qu'elle va dire non. Alors tu prends ton temps, tu rentres chez toi, tu te prépares, et là tu reviens», dit-il, le sourire enjôleur.

Christian de la Cortina a toujours voulu faire du cinéma. Son ambition n'a même pas été entamée par la détermination paternelle à lui faire faire des études sérieuses. Alors Christian de la Cortina a passé son bac d'abord, en administration des affaires.

Il quitte ensuite les bancs de l'université pour prendre sa carrière d'acteur à bras le corps. «Mon père m'a dit: mais non, tu fais une terrible erreur! rit-il. J'ai rapidement compris qu'en tant que comédien, tu vas toujours dépendre des autres. Alors je suis allé ramasser des sous en devenant animateur pour une croisière.» Après un passage à l'INIS, il signait Carjacking et mettait le cap sur la réalisation.

En attendant les prochains films, Christian de la Cortina joue pour les beaux yeux des spectatrices de feuilletons (notamment dans Destinée, à TVA). Il relève: «Quand j'auditionne, c'est pour faire un voyou. À la limite, je peux passer pour un Latino. Au Québec, on alimente un peu la xénophobie avec des rôles comme ça», dit-il.

Dans son film, il a offert des contre-emplois à ses comédiens, notamment à Julie du Page (vue dans plusieurs séries québécoises). Mais aussi, et c'est plus étonnant, à son paternel qui, dans Transit, est Don Pepe, le cerveau des trafiquants. Et comme le fils, le père a suffisamment pris goût à l'aventure pour en redemander.

Transit est présenté au Festival du film de Tremblant à 16h aujourd'hui (infos: www.tremblantfilmfestival.org). Aucune sortie en salle n'est prévue à ce jour.




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