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Charlotte Aubin: ma vie en films

Passionnée de cinéma, Charlotte Aubin fera partie du jury des courts métrages au Festival de cinéma de la ville de Québec, qui ouvrait hier. Il s'agira déjà d'une quatrième participation à un jury pour la comédienne de 26 ans qui reprend, cet automne, son rôle de Jade Francoeur dans L'échappée et qui sera du film Les salopes ou le sucre naturel de la peau de Renée Beaulieu. Voici quelques-uns de ses coups de coeur cinématographiques.

Un film qui vous donné le goût de faire du cinéma ?

« Au Québec, Saints-Martyrs-des-Damnés de Robin Aubert. Mon père m'a emmenée voir ça quand j'étais au secondaire. Je me suis dit que je voulais faire ça dans la vie et que je voulais travailler avec Robin (un rêve encore à réaliser), un artiste complet et assumé. Il est en mouvement et se définit bien dans l'identité québécoise. Le visionnement de Saints-Martyrs-des-Damnés m'a aussi donné le goût de découvrir davantage la cinématographie québécoise. Je me suis mise à dévorer les oeuvres de Claude Jutra, Gilles Groulx, Pierre Perrault, et à vouloir prendre ancrage au Québec pour contribuer au cinéma d'ici. »

Un film qui a suscité chez vous une longue réflexion ?

« Stalker d'Andreï Tarkovski, que j'ai vu l'an dernier au Cinéma du Parc. C'est un mélange d'essai philosophique et de délire visuel. C'est super sensoriel et politique. Même si c'est un film qu'on peut qualifier d'intellectuel, je l'ai aimé pour les sensations émotives qu'il m'a procurées. Je pourrais le revoir une fois par année et toujours y découvrir de nouvelles significations. J'y ai repensé souvent, autant pour ses flashs de couleurs et de textures que pour les répliques ou les états émotifs dans lesquels le personnage principal est plongé. Ce film est de l'ordre du mystique. »

Le grand classique que vous vous promettez toujours de voir ?

« 2001 : l'odyssée de l'espace, de Stanley Kubrick. Même si je ne l'ai pas encore vu, je me sens chanceuse d'avoir un rendez-vous avec ce film. Quand on découvre une chanson ou un film pour la première fois, l'état dans lequel on se retrouve est précieux. Je sais que le jour où je verrai ce film, ce sera un très grand voyage. Et pour cela, il me faut être très disponible à l'art. J'espère voir ce film en salle. »

Le premier film qui vous a fait pleurer ?

« Titanic. J'étais in-con-so-la-ble ! À la fin du film, je me suis écroulée en larmes et, en me retournant, j'aperçois mon petit frère Isaac qui pleure aussi. Pour nous rassurer, ma mère a dit que c'était romancé, que c'était une histoire d'amour. Et mon frère lui a répondu : "Je ne pleure pas pour les amoureux, mais pour le bateau." [rires] Pour moi, faire le constat de cette idylle amoureuse impossible [entre Jack et Rose] a scellé mon tempérament de romantique. À la suite du film, j'ai écrit beaucoup de poèmes pour Leonardo DiCaprio. J'étais transie d'amour. »

Dans quel film auriez-vous voulu jouer ?

« Il y en a beaucoup, mais je crois que mon plus grand rêve aurait été de jouer pour John Cassavetes. Une femme sous influence a sans doute été un des films qui m'a le plus marquée. C'est un film avec beaucoup d'humanité. C'est beau, vrai, cru, déchirant, magnifique. Je n'aurais jamais pu faire ce que Gena Rowlands a fait dans ce film. C'est une performance d'actrice parmi les plus vraies, les plus troublantes... J'ai perdu mes mots en voyant cela. J'ai vu ce film il y a trois ou quatre ans et j'ai regardé les autres oeuvres de Cassavetes par la suite. »

Un film vu en festival qui vous a marquée ?

Kamikaze 1989, que j'ai vu l'an dernier à la Berlinale dans une rétrospective et qui met en vedette Rainer Werner Fassbinder [ndlr : son dernier film avant sa mort]. J'étais à Berlin pour accompagner le film Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau. Kamikaze 1989 est un film futuriste politique drôle et weird. C'était comme un grand délire. Je l'ai vu un lendemain de veille. [rires] Tu papillonnes encore de ton hangover, tu te déposes dans une salle de cinéma et là, il se crée une rencontre. Mon imaginaire a été complètement transporté. J'ai été tellement stimulée qu'à la sortie, je ne voyais plus la ville de la même façon. »




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