Valérie Lemercier acceptera-t-elle de présenter un jour son spectacle au Québec? Ses admirateurs le souhaitent ardemment, mais ce jour ne semble pas près d'arriver, avons-nous pu constater encore récemment. Lors d'une interview antérieure accordée à La Presse, l'actrice avait alors raconté sa mésaventure québécoise. Qui a laissé des traces...

Marc-André Lussier LA PRESSE

«J'ai été traumatisée!», avait-elle expliqué.

En 1990, soit trois ans avant Les visiteurs, Valérie Lemercier n'avait pas encore été vraiment révélée au cinéma. À cette époque, l'humoriste venait tout juste de présenter son premier spectacle dans un théâtre à Paris.

«Je n'avais encore jamais fait de tournées, raconte-t-elle. J'ai présenté ce spectacle pendant neuf mois dans le même théâtre à Paris et je me suis rendue ensuite à Montréal pour le présenter deux soirs pendant le Festival Juste pour rire. Le premier soir, je constate d'abord que plus de la moitié de la salle est occupée par des gens ayant mis la main sur des billets corporatifs achetés par une grande entreprise. Déjà là, ça part mal. Mais le plus grave, c'est que tous ces gens s'attendaient à voir un spectacle de Claudine Mercier! Tout le monde a quitté la salle. Ce fut atroce!

«Gilbert Rozon est venu me voir en disant (elle emprunte l'accent québécois): «Ben, je comprends pas, t'étais tellement plus drôle à Paris!»

«Le lendemain soir, ça s'est beaucoup mieux passé, mais ce très mauvais souvenir s'est incrusté dans ma mémoire. Depuis, je ne me suis jamais senti le courage d'aller présenter un spectacle au Québec!»

Un mauvais souvenir

Il y a quelques années, notre collègue Sonia Sarfati avait relaté cette histoire cauchemardesque dans un article consacré aux pires moments du festival Juste pour rire. En voici des extraits:

«C'était en 1990. L'actrice française Valérie Lemercier - qui a depuis fait un tabac dans Les visiteurs de Jean-Marie Poiré et dans Le derrière d'elle-même et avec elle-même - présentait son spectacle au (très grand) Théâtre Jean-Duceppe de la Place des Arts. À guichets fermés... pour 15 minutes.

Foi de témoin privilégié, mais mal à l'aise, les sièges ont commencé à se vider à peine un quart d'heure après le début de la prestation de l'humoriste. Prestation pourtant impeccable et hilarante - foi de témoin, encore. Son adolescente qui revenait d'un été en Angleterre où elle avait amélioré son angliche était désopilante. Sa jeune snob de retour d'un week-end à La Renardière (ma chèèère!) avec quelques amis (480, environ...) était tordante. Et ainsi de suite, de numéro en numéro.

Ce qui n'a pas empêché la fuite en avant des spectateurs. Incompréhensible? Du tout: la direction d'Air Canada avait réservé toute la salle et offert les billets à ses employés. Les invitant à aller voir... Claudine Mercier - dont le nom était maintenant bel et bien connu. C'était elle qu'ils voulaient. Pas une autre.

Depuis, de mémoire de témoin, Valérie Lemercier - qui a déjà dit en entrevue que cet épisode avait été la pire chose qui lui soit arrivée - n'est plus apparue au festival Juste pour rire. C'est dommage. Ceux qui ont assisté à son spectacle le lendemain, et qui avaient payé pour la voir elle, s'en souviennent encore avec bonheur. Foi de témoin... du premier et du deuxième jours.»