La Maison-Blanche est assiégée par une armée de terroristes nord-coréens qui mettent la résidence du président des États-Unis à feu et à sang. Le réalisateur de Training Day, Antoine Fuqua, est à la barre de ce thriller paranoïaque.

Marc-André Lussier LA PRESSE

Lors des attentats du 11 septembre 2001, les Américains - et les Occidentaux en général - ont pris conscience de leur vulnérabilité. Quand un avion s'est écrasé sur le Pentagone - symbole même de la puissance militaire des États-Unis -, ils ont aussi pu comprendre qu'aucune institution n'était à l'abri d'une attaque potentielle.

Ce climat d'inquiétude sert de toile de fond dramatique à Olympus Has Fallen (Assaut sur la Maison-Blanche en version française), thriller violent réalisé par Antoine Fuqua (Training Day). Les têtes d'affiche sont Gerard Butler, Aaron Eckhart, Morgan Freeman, Rick Yune, Angela Bassett, Dylan McDermott et Melissa Leo. Cette distribution impressionnante est mise au service d'un long métrage que Gerard Butler, aussi l'un de ses producteurs, préfère décrire comme un film d'action plutôt que comme un thriller politique.

«Bien sûr, il y a un cadre géopolitique au film, a-t-il reconnu lors d'une rencontre de presse à New York le week-end dernier. Les scénaristes Creighton Rothenberger et Katrin Benedikt se sont inspirés des tensions qui existent depuis plus de 60 ans entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, pour ensuite imaginer des situations extrêmes en amenant ce conflit à l'intérieur même de la Maison-Blanche. Cela dit, le récit suit les règles du film catastrophe. Que la tragédie soit causée par un tsunami, un tremblement de terre ou une attaque terroriste, il s'agit toujours de mettre des hommes et des femmes face à l'adversité et de voir comment les pires atrocités peuvent provoquer des élans héroïques. Il y a aussi une part de provocation. Nous savons bien que les situations décrites dans le film sont peu probables, mais nous nous sommes amusés à pousser la question «Et si?» jusqu'au bout.»

Prise d'otages

Un peu comme Bruce Willis dans le premier Die Hard, Gerard Butler incarne un personnage qui, grâce à son expertise, devra combattre pratiquement seul toute une armée de terroristes. Mis à l'écart de la garde rapprochée du président Asher (Aaron Eckhart) à la suite d'un incident survenu il y a plus d'un an, Mike Banning (Butler) peut se racheter en mettant à profit sa connaissance des lieux quand des terroristes nord-coréens investissent la Maison-Blanche. Le président, ainsi qu'une partie des membres du cabinet, sont notamment pris en otage.

Ce faisant, on doit bien frôler le record du plus grand nombre de coups de feu et de morts par balle jamais atteint dans l'histoire du cinéma.

Antoine Fuqua, chef d'orchestre de ce divertissement sanglant, a voulu donner à son film des accents d'authenticité.

«C'est ma préoccupation principale, dit-il. Même si je sais que les situations proposées sont extrêmes, il m'importe quand même qu'elles soient plausibles. Nous avons dû reconstruire la Maison-Blanche dans un champ parce que je préférais utiliser de vrais décors plutôt que de recourir trop souvent à des images de synthèse. Nous avons joui de l'expertise de plusieurs consultants sur le protocole à suivre en situation d'urgence. Je ne vous cacherai pas qu'une situation comme celle que nous décrivons dans le film pourrait difficilement se produire dans la réalité, car il y a des mécanismes pour empêcher une telle chose. Je n'ai pas voulu en tenir compte, car mon film serait tombé à l'eau!»

Un président jeune

De son côté, Aaron Eckhart s'est retrouvé à incarner le président des États-Unis. Cette idée ne lui avait évidemment jamais traversé l'esprit.

«Le métier de comédien est complètement fou, lance l'acteur. On ne sait jamais ce qui peut se présenter au tournant. Quand j'ai su que j'allais jouer le président, je n'ai pu faire autrement que d'appeler ma mère! Elle était fière! Sérieusement, Antoine voulait un président plus jeune, athlétique, qui s'entraîne même à la boxe. J'ai pensé à JFK. Je suis loin d'être un expert de la politique internationale, mais le simple fait d'avoir à jouer quelqu'un qui occupe une si haute fonction force à se renseigner. On s'éduque soi-même à travers un personnage comme celui-là. Peu importe le rôle que je joue, il me faut de l'authenticité. C'est la chose la plus importante à mes yeux. Qu'il s'agisse d'un film de guerre, d'un film politique ou d'une comédie romantique, je veux d'abord et avant tout faire croire à mon personnage.»

Aaron Eckhart a apprécié la possibilité qu'on lui a donnée de faire ressortir l'aspect plus humain de l'homme de pouvoir, tout en tentant de maintenir le caractère présidentiel du personnage. Le président Asher étant pris en otage (et son vice-président n'étant plus dans le décor), le président de la Chambre des représentants doit assumer temporairement la fonction. C'est à ce personnage, interprété par Morgan Freeman, que revient la responsabilité de prendre d'importantes décisions pendant cette crise sans précédent.

«Je me sentais beaucoup moins présidentiel face à Morgan! précise Aaron Eckhart en riant. Non, mais quelle prestance. Il est d'office le président de notre profession!»

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Olympus Has Fallen (Assaut sur la Maison-Blanche en version française) prend l'affiche le 22 mars. Les frais de voyage ont été payés par VVS Films (FilmDistrict).