Le film Camille redouble, de Noémie Lvovsky, qui clôt le Festival du nouveau cinéma aujourd'hui, est une comédie sur le temps qui passe qui connaît un beau succès populaire en France. L'acteur Samir Guesmi (Adieu Berthe, Hors-la-loi) partage la tête d'affiche avec la réalisatrice. La Presse a rencontré un Samir Guesmi radieux cette semaine, à l'occasion de son premier séjour à Montréal.

Publié le 21 oct. 2012
Éric Clément LA PRESSE

Q: Pourquoi avoir eu un intérêt pour Camille redouble, film de science-fiction et d'amour en même temps?

R: On a l'impression que c'est une comédie car on se marre, mais ça raconte plein de choses, avec émotion. Il y a une profondeur et une mélancolie très touchantes. Et c'est traité de façon très réaliste. C'est Noémie qui m'a choisi. Elle m'avait parlé de C'est dimanche (meilleur court métrage à Vues d'Afrique en 2009), le seul film que j'ai réalisé et qui est assez révélateur de ce que je suis.

Q: Avez-vous souvent joué ce genre de rôle d'amoureux attendrissant?

R: Non. J'ai longtemps rêvé de jouer un amoureux, mais ce ne sont pas des rôles auxquels on pense quand on fait appel à moi. J'ai été ravi de le faire.

Q: Vous avez joué dans quelque 80 films en France depuis 25 ans, pratiquement toujours des seconds rôles?

R: C'est chouette, les seconds rôles quand on les vit bien et qu'il y a de quoi faire. C'est un endroit de liberté pour les acteurs. Il y a moins de pression que pour le premier rôle. Mais j'ai l'impression d'avancer. Au début, j'aurais été incapable de jouer un premier rôle. Là, je commence à prendre de l'âge, alors j'espère avoir des rôles de plus en plus intéressants. Après, premier rôle ou pas, ça m'est égal.

Q: Comment avez-vous débuté dans ce métier?

R: J'ai eu une scolarité assez médiocre. J'en parle dans C'est dimanche, et c'est vrai! Objectivement, j'étais assez cancre! Et j'en veux encore au système scolaire. Quand tu as des parents illettrés et que tu dois t'intégrer par l'école, ce n'est pas facile. Un jour, en 1987, j'ai vu un cours d'art dramatique dans le 13e arrondissement, à Paris. J'ai regardé et ça a commencé comme ça. J'avais 20 ans. Giancarlo Ciarapica m'a donné ma première chance six mois plus tard dans une pièce d'Yves Heurté, Le rêve du rat. J'en garde un souvenir assez ému. Puis j'ai tourné mon premier film, Jaune revolver, d'Olivier Langlois, avec Sandrine Bonnaire et François Cluzet.

Q: Après Camille redouble, quels sont vos projets?

R: C'est drôle, mais au printemps, je tourne de nouveau avec Sandrine Bonnaire. Le rôle masculin du premier film de Fabrice Camoin, une adaptation du roman Dix heures et demie du soir en été, de Marguerite Duras. Je prépare aussi un premier long métrage. Et sinon, je voudrais me barrer! Travailler ailleurs, ici, en Amérique ou au Japon. J'ai envie de dépaysement et de nouveauté.

Camille redouble, aujourd'hui à 19h, au Cinéma Impérial.