Les cinq longs métrages en nomination pour l'Oscar du meilleur film étranger, dont Rebelle du Québécois Kim Nguyen, sont très différents les uns des autres.

ANDRÉ DUCHESNE LA PRESSE

C'est ce qu'ont pu constater les quelque 1000 personnes réunies ce matin au Samuel Goldwin Theatre de Beverly Hills pour un symposium sur les films étrangers organisé par l'Académie à la veille de la 85e édition des Oscars.

«Des pommes et des oranges, ce sont des fruits impossibles à comparer. Et c'est la même chose pour les films en nomination ici. Cela fait neuf ans que j'anime ce symposium et je crois n'avoir jamais vu cinq films en nomination aussi différents les uns des autres», a déclaré le modérateur Mark Johnson, producteur du film Rain Man.

La projection d'un extrait de chaque long métrage a donné le ton à la rencontre de deux heures. Si les gens étaient visiblement émus en voyant un extrait de Amour de Michael Haneke, ils ont eu le souffle coupé par l'extrait -très dur- de Rebelle. «C'était le bon extrait à présenter», a indiqué le premier aide-réalisateur Pierre Magny, plus tard, à la sortie du théâtre.

Les trois autres oeuvres, No de Pablo Larrain, A Royal Affair de Nikolaj Arcel et Kon-Tiki de Joachim Ronning ont charmé avec leur humour, chacun dans des situations très différentes.

Au tout début de la cérémonie, le réalisateur oscarisé Ang Lee, à nouveau en nomination cette année avec Life of Pi, a bien fait rire la salle avec le rappel de ses premiers pas dans le monde plus grand que nature des Oscars.

«Je suis moi-même venu à ce symposium pour défendre mon film Garçon d'honneur (The Wedding Banquet) et j'étais assis à côté du réalisateur du film L'odeur de la papaye verte. Lorsqu'on m'a demandé ce que signifiait pour moi la possibilité de remporter un Oscar, c'est justement à une papaye verte que je ressemblais», a-t-il lancé, semant le rire.

Rebelle bien accueilli

Une bonne partie de l'équipe du film Rebelle a participé à la rencontre de ce matin. Mais la star de cette journée fut sans contredit la jeune comédienne Rachel Mwanza qui défend le rôle principal de Komona, une enfant-soldat.

Vêtue d'une magnifique robe rouge, la jeune femme qui s'est dite fière d'être aux Oscars a eu droit à des applaudissements chaleureux lorsque le réalisateur Kim Nguyen l'a présentée.

La jeune comédienne était arrivée la veille en compagnie de «Maman Dilou», une autre comédienne du film, à la suite d'un très long déplacement aérien entre Kinshasa en République démocratique du Congo, l'Europe et Los Angeles.

À la question du modérateur à savoir s'il avait bâti son casting à partir du rôle de Rachel Mwanza, Kim Nguyen a répondu que non. Il a toutefois expliqué qu'à la suite des séances de casting sauvages faites par l'équipe dans les rues de Kinshasa, de nombreuses personnes ont démontré d'excellents talents de comédiens. «C'est sans doute en raison de leurs traditions autour des histoires orales», a-t-il précisé.

Environ 75% des acteurs du film sont des non professionnels, a-t-il indiqué. Or, Rachel avait participé au tournage d'un documentaire belge dans le passé et ce sont des membres de cette équipe qui l'ont référée aux artisans de Rebelle.

Portant un habit bleu pâle avec une cravate assortie, Nguyen était assis entre Michael Haneke et Pablo Larrain. Il était souriant et à l'aise.

Tout de suite après le symposium, les équipes des films Rebelle et Amour ont pris en vitesse la route de Santa Monica où ces deux films étaient en nomination dans la catégorie «Best International Film» d'un autre gala, le Independent Spirit Awards. Amour a remporté le prix.