La Presse a rencontré Rémy Girard, hier, durant le tournage du film Les Boys 5 à la Taverne Magnan. Retour sur un gala controversé.

Luc Boulanger LA PRESSE

On nous avait prévenus que l'acteur en promotion des Boys ne voulait pas rencontrer certains journalistes et médias... Visiblement, les lendemains d'animation de gala ne sont pas faciles à vivre au Québec.

«C'est une méchante pression, confie-t-il. Lundi, je suis resté assis sur le divan toute la journée. Je ne pouvais pas bouger.

Ma femme m'a dit de ne pas lire les journaux. Mais il y a toujours des gens qui t'appellent pour te rapporter les choses.»

En effet, les critiques ont été en majorité assez négatives sur le gala. Certains ont trouvé l'animation «laborieuse» ou «vieille école». «Sur scène, je sentais la réaction de la salle, et c'était hot, ça marchait bien!», se défend Rémy Girard.

On a aussi reproché au gala des Jutra de trop s'attarder sur les problèmes du cinéma québécois et pas assez sur ses bons coups. «Si on n'avait pas parlé de la polémique sur la baisse de fréquentation du cinéma québécois, en 2012, on nous l'aurait reproché, rétorque M. Girard. On ne pouvait pas faire semblant que c'est une bonne année et que tout le monde est content. On a décidé de plonger dans le vif du sujet.»

Si l'animateur est conscient que certains numéros étaient moins bons que d'autres, ou trop longs, il retient les plus réussis: les bandes-annonces revisitées de Bon Cop, Bad Cop et La Neuvaine, le sketch sur la direction photo avec André Turpin. «On voulait parler aussi des artisans, des concepteurs, pas seulement des acteurs», dit-il.

«Je suis content et en paix avec le travail qu'on a fait. De toute façon, c'est impossible de plaire à tout le monde. On nous dit qu'il faut repenser ou changer la formule. Il y a des choses qu'on peut ajouter, mais ça demeure une remise de prix. Est-ce qu'il y a mille façons de remettre des cadeaux à Noël?»

Après avoir été ébranlé, Rémy Girard rebondit. Il se réjouit que le gala ait été vu par 50 000 téléspectateurs de plus qu'en 2012 (620 000 par rapport à 570 000), malgré la forte compétition de La voix à TVA.

L'animateur affirme que les gens de la SODEC, de Québec Cinéma et de Radio-Canada sont satisfaits de son travail. Il semble même qu'on songe à lui pour 2014.

«Pour moi, c'est mission accomplie! Si la direction de Radio-Canada me le redemande, je plonge. Ne pas animer l'an prochain, ce serait comme admettre que je me suis planté. Or, je ne me suis pas planté aux Jutra, c'est certain!»