Une fête entre amis tourne mal lorsque l’hôte est retrouvé mort. L’assassin serait l’un des convives, et tout le monde est soupçonné.

Publié le 12 août
Martin Gignac Collaboration spéciale

Présenté à South by Southwest et à Fantasia, Bodies Bodies Bodies s’apparente à une soirée « meurtre et mystère » façon Agatha Christie pour la génération Instagram. Un film verbeux se déroulant dans un lieu dont on ne peut se soustraire – ici une maison isolée – et qui utilise la technologie moderne afin d’effrayer et de définir les rapports entre les individus.

Comme toujours dans ce type de récit, il ne faut pas se fier aux apparences. La première partie, qui est longue à se mettre en branle, présente ses personnages, tous plus énervants les uns que les autres. Des stéréotypes ambulants de vingtenaires qui ne pensent qu’au sexe, à la drogue et à la fête. Il ne faut évidemment rien prendre au premier degré, et ces êtres deviennent de plus en plus profonds, complexes et humains à mesure que les drames se succèdent.

Cela débute lorsqu’ils se mettent à jouer au « body body » du titre, alors qu’un faux tueur « tue » quelqu’un en lui tapant sur l’épaule. Le long métrage peut alors commencer et il s’avère diaboliquement divertissant, tenant en haleine avec ses fausses pistes tout en étant hilarant à ses heures par ses jeux de massacre.

Cela n’empêche pas l’écriture de Sarah DeLappe de paraître faible et laborieuse dans sa façon d’aborder les relations de groupe et les angoisses des jeunes adultes, se vautrant dans ces mêmes clichés qu’elle voulait éviter. Un faux pas que rachète le grand talent des actrices, Amandla Stenberg (The Hate U Give) et Maria Bakalova (Borat Subsequent Moviefilm) en tête.

La mise en scène assurée d’Halina Reijn apporte également beaucoup à l’ouvrage, dynamitant les moments morts tout en rendant trépidants ceux qui se déroulent dans le noir. Cela est possible en bien s’entourant, notamment de Jasper Wolf (Monos) à la direction photo, et en confiant la trame sonore à Disasterpeace (Richard Vreeland), mieux connu pour son apport inoubliable à It Follows.

Alors qu’il aurait pu être le Scream de son époque (sa délicieuse surprise finale est particulièrement ingénieuse), Bodies Bodies Bodies emprunte une voie plus chaotique qui ne fera peut-être pas l’unanimité, mais qui détonne dans le paysage cinématographique.

Bodies Bodies Bodies

Comédie d'épouvante

Bodies Bodies Bodies

Halina Reijn

Avec Amandla Stenberg, Maria Bakalova, Rachel Sennott

1 h 35
En salle

6/10