(Los Angeles) Les armes à feu réelles peuvent être utilisées en toute sécurité sur les tournages de film dès lors que des protocoles stricts sont respectés, estime l’acteur américain Matthew McConaughey.

Agence France-Presse

Depuis le décès d’une directrice de la photographie, Halyna Hutchins, tuée par un tir accidentel par l’acteur Alec Baldwin sur le tournage du film Rust, les appels à interdire les armes à feu sur les plateaux se multiplient. Une pétition en ce sens avait réuni près de 80 000 signatures vendredi.

Alec Baldwin a actionné lors d’une répétition un revolver qui lui avait été présenté comme une « arme froide », c’est-à-dire non chargée et inoffensive, par un assistant-réalisateur. Ce dernier a reconnu auprès des enquêteurs qu’il aurait dû s’assurer de l’absence de munitions réelles dans le barillet, mais n’avait pas procédé à toutes les vérifications nécessaires.

« Il y a un protocole de sécurité et, s’il est suivi, on peut être en sécurité sur le plateau », a déclaré Matthew McConaughey lors d’une entrevue à l’AFP.

L’acteur oscarisé pour son rôle dans Dallas Buyers Club estime que le décès d’Halyna Hutchins est « un horrible accident qui aurait facilement pu être évité ».

« J’ai été sur de nombreux tournages où j’interagissais avec des armes à feu. Il y a un protocole établi […] quand une arme est remise par une personne à une autre, quand elle arrive sur le plateau », rappelle-t-il.

« L’une des choses merveilleuses dans le fonctionnement d’un tournage, c’est l’organisation incroyable. Et ils ont enfreint le protocole » sur le tournage de Rust, poursuit l’acteur, qui se demande si l’équipe « n’était pas en retard ».

Matthew McConaughey ne critique pas Alec Baldwin, mais précise qu’« à titre personnel, il prend toujours des précautions supplémentaires » avant de manipuler une arme pour une scène, vérifiant notamment l’arme par lui-même.

« On vous dit qu’elle est “froide”, je préfère le constater de visu », dit-il.

« Si on est tous les deux dans une scène, je dois te montrer. Si c’est un six-coups, est-ce que tu vois au travers de chacun des six trous (du barillet) ? », explique-t-il, jugeant qu’on ne peut jamais procéder à « trop » de vérifications dans ce domaine.

Certains professionnels du cinéma militent pour l’interdiction des armes à feu sur les plateaux, plaidant que des effets spéciaux visuels et sonores peuvent être ajoutés à des armes factices pour rendre les scènes crédibles.

« Ce que j’en pense ? Je pense qu’il faut suivre les protocoles. Et que ça ne devrait pas être négociable », rétorque l’acteur texan.