Tout en soutenant que du travail reste à faire, Téléfilm Canada se dit satisfait de ses efforts visant à atteindre une parité hommes-femmes dans tous les types de productions cinématographiques financés par l’organisme en 2020-2021.

André Duchesne
André Duchesne La Presse

Les chiffres que Téléfilm dévoilera ce mercredi matin – et qu’a obtenus La Presse – indiquent, comme c’est le cas depuis quelques années, que la parité (50 %) ou la zone paritaire (40 % et plus) est atteinte chez les femmes scénaristes, réalisatrices et productrices dans pratiquement toutes les catégories de cinéma (fictions, documentaires, etc.).

Les femmes continuent à occuper la frange paritaire la plus basse dans la catégorie des projets les plus lourds, et sans doute les plus convoités, soit ceux des films dont les budgets sont de 2,5 millions et plus.

En 2020-2021, Téléfilm a reçu des demandes de financement pour 357 projets, dont la valeur totale projetée était de 230,9 millions de dollars. L’organisme fédéral a financé 80 de ces projets, pour un total de 47,2 millions.

Des progrès

Le portrait d’ensemble des données indique qu’au cours de 2020-2021, 70 % des projets financés comptaient au moins une femme dans l’un des trois rôles clés (scénariste, réalisatrice, productrice), ce qui respecte la moyenne des trois dernières années. Par contre, on dénombre une hausse de 47 % à 54 % des projets soutenus où au moins deux femmes détiennent des postes clés.

Les réalisatrices ont obtenu près de 46 % (21,5 millions) du financement des projets, soit le même pourcentage que l’année précédente, mais un bien meilleur pourcentage qu’en 2018-2019 (29 %).

Par contre, le nombre de projets de femmes réalisatrices obtenant du financement grimpe à 54 % (soit 43), comparativement à 47 % en 2019-2020.

Comme indiqué ci-dessus, les gains sont plus fragiles dans le segment des films dont le budget de production est de plus de 2,5 millions. Dans ce segment, les femmes obtiennent 41 % du financement des projets, un recul de 7 points par rapport aux 48 % obtenus en 2019-2020. Par contre, elles sont plus nombreuses (50 %, contre 44 % en 2019-2020) à avoir obtenu l’aide de Téléfilm.

On note aussi que les projets de 2,5 millions de dollars et plus dont le scénario a été écrit par une femme ont reçu 50 % des budgets cette année, contre 38 % l’an dernier. On progresse aussi du côté des productrices dans cette catégorie puisqu’elles ont obtenu 39 % du financement disponible, contre 30 % en 2019-2020.

Les chiffres sont meilleurs dans la catégorie des projets de moins de 2,5 millions de dollars. Pour celle-ci, les réalisatrices obtiennent 50 % des budgets, comparativement à 38 % en 2019-2020.

On remarque aussi que les réalisatrices continuent de dominer largement dans les projets documentaires, avec 81 % des budgets de financement, comparativement à 90 % en 2019-2020.

Projets francophones avantagés

Dans d’autres secteurs de l’étude, on observe que les projets francophones ont été nettement avantagés par rapport aux films anglophones en 2020-2021, alors que la tendance était inversée l’année précédente. Enfin, 7 réalisatrices autochtones (9 % de l’ensemble) ont vu leur projet financé, comparativement à 36 femmes non autochtones.

« Nous sommes fiers des progrès réalisés jusqu’à maintenant, mais cela ne s’arrête pas là. Il reste beaucoup à faire pour accroître le soutien et la place faite aux cinéastes féminines et non binaires des communautés autochtones, noires et racisées », affirme, dans le communiqué qui sera diffusé ce mercredi, Christa Dickenson, directrice générale et cheffe de la direction de Téléfilm Canada.

Téléfilm Canada juge toutefois qu’en raison de la pandémie, l’année 2020-2021 a été « atypique » et que cela doit être considéré dans la lecture des statistiques.