(Nice) Un jeune homme, filmé à son insu, a porté plainte à Nice pour « discrimination raciale » à la suite de la diffusion sur Netflix du film Sentinelle dans lequel il est qualifié de « barbu », ont indiqué lundi son avocat et le parquet.

Agence France-Presse

L’homme a déposé une plainte au pénal le 1er juin pour « provocation publique à la discrimination, à la haine raciale », a précisé Me Jean-Pascal Padovani, confirmant une information du quotidien Nice-Matin.

Le plaignant envisage également une action civile pour « exploitation d’image à des fins commerciales sans autorisation », indiquant avoir été filmé à son insu.

Tourné en 2019 et diffusé en mars sur la plateforme Netflix, le film Sentinelle comporte un passage dans lequel l’héroïne du film observe dans la lunette de son fusil-mitrailleur deux jeunes hommes se saluer et se quitter sur la Promenade des Anglais.

La scène est accompagnée dans la version « audiodescription » de l’explication suivante : « Deux jeunes barbus munis de sacs à dos se serrent la main et se séparent ».

« Le réalisateur s’est autorisé à faire un lien entre l’aspect maghrébin des personnes filmées, qui plus est sans leur autorisation et sur les lieux mêmes de l’attentat du 14 juillet 2016, et les fondamentalistes religieux. C’est inadmissible, cela sous-entend que toute personne d’origine maghrébine est potentiellement un terroriste », estime l’avocat.

Le plaignant, un jeune électricien de 21 ans domicilié à Nice, indique avoir reçu à la suite de la diffusion de ce film plus de 80 messages de connaissances dont certaines choquées de le voir apparaître comme un terroriste dans cette fiction.

Réalisé par Julien Leclercq, ce film d’action met en scène une militaire de la mission Sentinelle en poste à Nice, incarnée par Olga Kurylenko.

Netflix, qui est visé par cette plainte en tant que diffuseur, a indiqué à l’AFP par la voix d’un porte-parole ne pas avoir « de commentaires à apporter sur le sujet ». Le diffuseur a toutefois depuis modifié l’audiodescription et supprimé le terme de « barbus ».

Le procès de l’attentat de Nice, qui avait fait 86 morts et plus de 400 blessés sur la promenade des Anglais le 14 juillet 2016, est prévu du 5 septembre au 15 novembre 2022.