Le réalisateur français Bertrand Tavernier, qui nous a donné notamment Coup de torchon et La Vie et rien d’autre, est décédé jeudi, a annoncé l’Institut Lumière, qu’il présidait. Il avait 79 ans.

La Presse Canadienne

Bertrand Tavernier était à l’aise dans tous les genres : les fresques historiques comme La fille de d’Artagnan ou Que la fête commence, les drames de guerre comme La vie et rien d’autre ou Capitaine Conan ou les films intimistes comme Daddy nostalgie, avec Dirk Bogarde et Jane Birkin. Son film Autour de minuit rend hommage au dur monde du jazz, qu’il aimait tant.

Son tout premier long métrage, en 1974, L’horloger de Saint-Paul, film policier adapté de Simenon, avec Philippe Noiret, déjà, lui vaut l’Ours d’argent à Berlin et le prix Louis-Delluc en France.

Suivront coup sur coup deux films majeurs : Que la fête commence, avec Noiret, Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle dans la royauté du 18e siècle, puis Le juge et l’assassin, dans lequel il donne à l’acteur comique Michel Galabru un rôle dramatique à hauteur de son grand talent.

Il enchaîne ensuite les grands films avec Une semaine de vacances (1980) et le redoutable Coup de torchon (1981), avec encore Noiret et Marielle, mais aussi Isabelle Huppert et Stéphane Audran, puis Un dimanche à la campagne (1984). Pour ce dernier film, il obtient le prix de la meilleure mise en scène au Festival de Cannes. Ce film obtient aussi trois César : meilleure photographie (Bruno de Kayser), meilleure actrice (Sabine Azéma) et meilleur scénario d’adaptation (Bertrand et Colo Tavernier).

Que la fête commence et Capitaine Conan lui permettent d’ajouter le César de la meilleure réalisation à sa longue liste de récompenses.

En 2015, la Mostra de Venise lui remettait un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière.

« Ce qui compte, c’est que je n’ai fait que les films que j’ai voulu faire, je les ai faits librement, j’ai fait des choix et je les ai assumés, avait-il alors déclaré à l’AFP. Je n’ai jamais fait de compromis pour les faire ».

Il tourne des documentaires, notamment sur la guerre d’Algérie (Une Guerre sans nom), et la double peine (Histoires de vies brisées : les "double peine" de Lyon).

En 2016 et 2017, il réalise une série sur la vaste histoire du cinéma français (Voyage dans le cinéma français).

Né à Lyon en avril 1941, Bertrand Tavernier avait commencé sa carrière au cinéma en 1961 comme assistant de Jean-Pierre Melville. Ardent cinéphile, « intellectuel du septième art », il a écrit dans les années 1960 pour les grandes revues françaises de cinéma et fondé avec des amis un ciné-club à Paris, le « Nickel Odéon ».

Il a par la suite beaucoup écrit sur le septième art, notamment le cinéma américain, qu’il a défendu toute sa vie dans une certaine France qui snobait Hollywood. Ses 50 ans de cinéma américain, qu’il a coécrits avec Jean-Pierre Coursodon, font office de bible en français. Toujours amoureux du 7e art, il écrivait depuis 2005 un blogue sur le sujet sur le site de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques.

Il est le père du réalisateur et comédien Nils Tavernier et de la romancière Tiffany Tavernier.